Freitag, 23. Februar 1996

S.O.S. - Attentats:Pas de temps la colère et les larmes







Elle fêtait avec son mari dans un restaurant parisien leur anniversaire de mariage, quand une bombe et lui détruisit les jambes. Dans un climat de terreur et de psychose, elle arracha, avec son organisation S.O.S. Attentats, des lois pour les victimes. La vie de Françoise Rudetzki ou l'histoire d'une femme extraordinaire.
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Frankfurter Rundschau
23. Fevrier 1996
de Reimar Oltmanns
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A première vue , l'esplanade en briques devant le Dôme des Invalides pousse au recueillement. Non seulement l'histoire de toutes les batailles militaires de la République jusqu'en 1945 trouva dans cette décoration délibérément baroque son berceau. Mais l'intérieur héberge aussi le monument national des Français : le tombeau de Napoléon ainsi que celui d'autres personnages qui se sont illustrés au cours des guerres. Jour après jour, minutes de silence, les pas mesurés de messieurs pour la plupart aux allures militaires.
HANDICAPÉES DE LA RÉPUBLIQUE
S'il n'y avait pas depuis peu dans le "Corridor de Metz", sous les arcades, une femme qui y avait installé ses bureaux, une femme atypique pour ces messieurs. Françoise Rudetzki fait partie des handicapées de la République française, des femmes aux multiples cicatrices, victimes du terrorisme. Cette juriste de 48 ans, auparavant propriétaire d'une boutique, regagne son bureau en boitant, appuyée sur ses béquilles. La fondatrice de S.O.S.-Attentats,un organisme de défense "des victimes par les victimes " d'attentats terroristes, est le témoin vivant des nouvelles formes que prend la guerre.
PSYCHOSE D'UNE GUERRE CIVIL
"les explosions dûes aux terroristes dans les centres villes sont des variantes d'une guerre, même si c'est pour la plupart avec des moyens subversifs", dit Françoise Rudetzki. "Il est donc logique que j'aie mon bureau ici parmi les victimes de la guerre,au Ministère de la Défense ". Et ceci dans une France qui fut pendant des siècles une puissance coloniale et qui s'avère être involontairement, au cours des dernières décennies, la cible principale du terrorisme international venu du Tiers-Monde comme le Front Islamique du Salut ( le FIS algérien). Ces terroristes algériens voulant avec leurs attentats répétés, contraindre la politique française à renoncer à accorder toute aide politique et matérielle au régime algérien pro-occidental.
Dans aucun autre pays du monde occidental . Le terrorisme ne s'est accru d'une façon aussi rapide et n'a conduit les Françaises et les Français - ce que l'on peut d'ailleurs comprendre - à la psychose d'une guerre civile. Rien qu'en Corse - l'Irlande du Nord française - 37 personnes ont été assassinées l'année dernière, les autorités ont dénombré en tout 602 explosions de bombes qui firent plus de 50 millions d'euros de dégâts. Depuis 1990 on a noté exactement 3103 explosions. "Des symboles de la puissance coloniale" ,comme l'hôtel des impôts de Bastia , ont été réduits en cendres .
PRISE DE PANIQUE
La France à la fin de l'été 1995 - une nation est prise de panique - que ce soit à Paris, Lyon, Marseille ou Bordeaux, partout, il y eut 1.374 alertes à la bombe, semant la terreur dans différents endroits. Huit attentats terroristes ont déjà été perpétrés , en partie dans le métro parisien, en partie sur des boulevards très fréquentés. Bilan: sept morts et 160 blessés, en partie gravement.
PARIS A PEUR
Jamais jusqu'à présent,on n'avait vu autant d'uniformes dans les rues remplies de touristes : 32.000 policiers supplémentaires, environs 3.000 soldats, près de 9.000 douaniers surveillèrent les aéroports,les gares, les frontières, les centrales nucléaires ou les musées, interdiction de stationner devant les écoles ou d'autres "lieux sensibles ". De Paris au plus petit village retiré de Bretagne, des barrières devaient empêcher que des voitures ne stationnent devant les écoles; l'accès à l'enceinte de l'école étant autorisé au seul personnel . Environs 7.000 poubelles ont été fixés ou même carrément enlevées pour éviter qu'elles ne soient des cachettes potentielles de bombes. Finalement c'est pratiquement chacun qui dans le pays a ressenti "ce climat cauchemardesque de la terreur ", selon la formule du quotidien conservateur "Le Figaro":que l'on aille faire ses courses et soit obligé de soumettre le contenu de son sac à un contrôle ou que l'on prenne le métro et ne puisse s'empêcher de jeter un regard furtif sous le siège, que l'on fasse un écart en passant devant une cabine téléphonique ou une poubelle, il est aussi demandé de méfier de tout sac plastique qui traîne. "Paris a peur ",titrait le journal "Le Parisien". Et le Premier Ministre gaulliste Alain Juppé de répondre "La France ne capitulera pas".
2.200 VICTIMES DU TERRORISME
Pour les experts, par contre, ces attentats en série étaient uniquement la réédition de diverses actions terroristes d'origine politique avec des objectifs différents :Paris une capitale de la guerre par intérim entre le Nord et le Sud, riches et pauvres,églises et mosquées. La première fois où Paris fut ébranlé par des détonations d'actions terroristes ciblées, ce fut au cours des années mouvementées de la Guerre d'Algérie ,dans les années 1960-61 . Il y a dix ans, l'Iran essaya, avec des moyens terroristes, d'exercer une influence sur la politique française au Proche -et Moyen -Orient. Depuis 1987, il y a eu en France 297 attentas terroristes. C'est à cette époque que fut créé S.O.S.-Attentats. Réunir dans une organisation 2.220 victimes du terrorisme et amener à un changement important de la législation et par conséquent de l'indemnisation des victimes , n'est pas l'oeuvre de la Croix-Rouge,pas non plus des autorités mais c'est l'oeuvre d'une seule personne,une femme qui fut, à l'âge de 38 ans. gravement blessée par la puissance d'une bombe.
UNE BOMBE - ANNIVERSAIRE DE MARIAGE
Le 23 décembre 1983 , Françoise Rudetzki était avec son mari dans le restaurant parisien "Les Grand Velour ". Tous deux avaient l'intention de fêter leur dixième anniversaire de mariage. Mais une bombe explosa dehors et une porte de métal traversa la salle et lui déchiqeta les deux jambes. Elle fut pendant 7 semaines entre la vie et la mort, elle resta 10 ans clouée dans son fauteuil roulant. Ce n'est que progressivement que la jambe droite obéit au cerveau, pas la gauche :Françoise l'avance en faisant faire une rotation d'un quart de tour à sa hanche. Maintenant elle n'est plus dans son fauteuil roulant. Elle se tient debout et se déplace grâce à ses béquilles. Il lui a fallu subir en tout 41 interventions chirurgicales depuis l'explosion devant le restaurant: pendant plus d'un an elle n'a eu que le lit d'hôpital comme support, elle dut subir de nombreuses anesthésies générales. Les médecins lui dirent un jour: "La prochaine fois,nous ne pourrons faire qu'une anesthésie locale, vous allez devoir serrer les dents". Françoise a serré les dents. " Certains puisent leur force de vivre dans la croyance religieuse.Mais je ne l'ai pas.Je puise mon énergie dans la vie et dans l'espoir d'un monde plus juste": D'autre part, elle n'avait pas de temps pour la colère et les larmes, cela ne lui venait pas à l'idée.
TOUCHÉ SON ASSURANCE
Pendant ce temps, Françoise vit que le restaurant endommagé avait été magnifiquement rénové en trois semaines. Comme de bien entendu,le propriétaire avait touché une somme de son assurance. Un montant qui permettait aussi de financer une campagne d'affichage annonçant la réouverture, ainsi que des spots à la radio et la télévision. mais l'indemnisation des victimes : elle n'était pas prévue en France.
Et Françoise sait ce dont elle parle : "Parlons", dit-elle "de la jeune secrétaire Michèle, une victime dans le RER parisien. Malgré ses protestations,un passant photographia son corps à moitié dénudé et couvert de sang. C'est un délit. Mais quelques jours plus tard elle se vit, avec ses blessures sur deux pages d'un illustré. De l'aide,un soutien juridique,jusqu'à présent, Michèle n'en a pas eu."
"Parlons du maçon Albert, grièvement blessé aux deux jambes lors de l'attentat dans le métro. Il souffre de plus de troubles auditifs. Mais Albert ne put, à l'issue d'un long séjour à l'hôpital, rentrer chez lui.Son appartement dans un immeuble est sans cesse survolé par des avions. Le département du Val de Marne ne peut lui offrir d'autre appartement. Malgré les trois millions de chômeurs, sa femme Fabienne enceinte, ne bénéficie pas d'aide à domicile. Le versement d'une aide financière n'est officiellement pas prévu.
... TOUJOURS LEUR "EMOTION"
Parlons aussi de la stature de la personne compatissante , digne d'un film, prise par le Premier Ministre dans ses salons de Matignon quand les regards se posent sur lui. Mais par contre les lettres de proches des victimes qui demandent de l'aide s'entassent dans des sacs poussiéreux pour la simple raison qu'ils doivent prouver le décès d'un proche lors de l'attentat.
Ou bien parlons brièvement de Georges et de Félix. Ils sont restés plus d'un mois avec leurs fractures dans des services d'orthopédie. Ils n'ont même pas eu la brève visite d'un psychologue ou d'un psychiatre qui leur auraient apporté une aide psychologique. Les médecins n'avaient pas le temps, ils allaeint porter leurs réflexions de conférences de presse en colloques. Leur thème principal "le suivi psychologique des névroses de la guerre chez les victimes du terrorisme placées sous les feux de l'actualité".
Françoise est depuis peu assise à la table de son bureau situé sous le Dôme des Invalides. Pendant plus de dix ans,le petit appartement dans le 8e arrondissement a servi , par nécessité , de point d'accueil pour les victimes d'attentats. Elle envoyait des courriers,informait,voulait convaincre, ceci pendant des mois et presque toujours en vain. Souvent le soir, avec l'aide de son mari directeur commercial d'une société de mode, infatiguable elle mettait sous pli par exemple des appels à des actions après des émissions de télévision. Travail acharné d'une femme franc-tireur
DE L'ARGENT POUR TOUT - PAS POUR LES VICTIMES
Lorsque Françoise un jour dénonça l'absence de versement aux victimes de dommages et intérêts , donc d'une aide financière par la Sécurité Sociale et exigea une loi, elle toucha le point sensible de ses compatriotes. "Je continuerai mon travail tant que l'on n'aura pas soulagé la douleur , créé un lieu d'ecoute, apporté une aide psychologique. Nous ne voulons pas de vengeance. Mais , nous les victimes,nous n'accepterons pas que la France cède si vite au terrorisme d'état. Nous devrions avoir honte.", déclara-t-elle devant les caméras.
C'était l'année 1986, en France régnait un climat de terreur devant les bombes. Les jours suivants, Françoise Rudetzki reçut 50 sacs postaux, chacun pesant 20 kilos. Et Jacques Chirac, à l'époque Premier Ministre , reçut à Paris 500 000 cartes revendiquant une initiative législative."Madame, faites-moi savoir sans délai ce que je peux faire pour S.O.S.-Attentats. Et ce sera fait", annonça-t-il avec un regard plein de compassion.
UN FONDS DE GARANTIE
C'est ainsi et pas autrement que Françoise Rudetzki a imposé en France son fonds de garantie qui corrrespond dans ses grandes lignes à la loi allemande d'indemnisation des victimes. La France est ainsi le seul pays à disposer de sa propre loi de protection des victimes du terrorisme. Cette loi se compose pour l'essentiel d'un fonds spécial d'assurance qui doit couvrir, pour la personne concernée et sa famille, l'ensemble des dommages occasionnés par un attentat. Ce fonds est financé par une augmentation d'à peu près 76 centimes de la cotisation de chaque Français à une assurance complémentaire.
CABINETS DE JUGES
Depuis, Françoise Rudetzki intervient avec son organisation S.O.S.-Attentats comme partie civile dans plus de 200 procès pour actes de terrorisme. Tous les 15 jours, S.O.S.-Attentats est dans les cabinets de juges et de procureurs des plus grands procès. Cela doit permettre d'éviter que la justice ne se retrouve à nouveau gage de la politique, que pour des raisons d'opportunité, des terroristes soient expulsés dans leur pays d'origine- donc mis en liberté. Françoise Rudetzki a systématiquement tissé un réseau d'avocats et de médecins. "Seule notre vigilance nous protège de tout marchandage. Nous avons en France d'une certaine façon occulté au cours des dernières années que nous étions un pays au romantisme entièrement caché avec une grande partie de machisme. Il nous faut au tribunal faire entendre à nouveau la parole des victimes. Finalement, les terroristes n'ont pas le monopole de l'argumentation. Que notre époque est obtue."
Le téléphone sonne, à l'autre bout du fil, le Ministre de la Justice, Jacques Toubon, (1995-1997) prend de ses nouvelles. "Il nous faut enfin supprimer les frontières juridiques en Europe", lui dit Françoise Rudetzki ce soir-là "Car un coupable devrait être obligé de comparaître devant le tribunal du pays où il est arrêté. Les procédures d'extradition repoussent la date du procès et atténuent ainsi les chefs d'accusation. C'est ainsi que la justice devient n'importe quel jouet des intérêts politiques en Europe. Il faut mettre fin à cela. Pourquoi les terroristes continuent-t-ils à échapper à la juridiction européenne ?", demanda-t-elle à Jacques Toubon. Le Ministre de la Justice trouva que c'était une question tout à fait pertinente. Ce à quoi Françoise Rudetzki répondit: "Monsieur, allez -y! allez à Bruxelles".

Samstag, 16. Dezember 1995

Beim nächsten Papst wird alles anders













































"G
ott suchen, Gott finden", wollen in Frankreich immer mehr Jugendliche. Nur ein geschlechtloses Priester- und Nonnenleben kommt fast keinem mehr in den Sinn. Trotzige Endzeitstimmung im Land der Kathedralen - trotz Wallfahrten und Weihwasser zu Lourdes. Ende der Aufklärung, Renaissance der Mythen.


Die Rheinpfalz, Ludwighafen
16. Dezember 1995
von Reimar Oltmanns


Scheinbar endlich fällt der frühsomerliche Regen über weitläufige Täler, verwandelt Frankreichs Landgemeinden in tiefen Morast und lässt Wasser durch so manches marode Kirchengebäld gurgeln. Mitten in einem Meer von Weinbergen im Beaujolais liegt eine große verwilderte Grünanlage. Und mitten in diesem urwüchsigen Park steht ein anspruchloses Pfarrhaus. Seit acht Jahren ist der 63jährige Martin Froquet Landpriester in der Ortschaft Villié-Morgon, die etwa 60 Kilometer nördlich von Lyon liegt. Seit acht Jahren ist der Priester praktisch mit seiner Marie-Pierre verheiratet. Jeder weiß es und alle schweigen, vielsagen versteht sich.

"Man nennt mich Martin und duzt mich hier", sagt der katholische Ordensträger sogleich kameradschaftlich zur Begrüßung. Unwiderruflich vorbei sind die Zeiten, in denen der Landpriester in Frankreich von seinem Glockenturm aus eine unumstrittene - keusche - Autoriät gewesen ist, Maß und Moral bestimmte. Vor zwanzig Jahren noch zähle der Orts-geistliche zu den Honoratioren des Dorfes; gleich neben dem Bürgermeister, dem Lehrer oder auch dem Arzt. Mittlerweile sind Seelsorger, wie Martin aufmerksam registrierte, Rand-
figuren.

HEIMLICHE LEBENSGEFÄHRTINNEN

Passé ist scheinbar jene Ära, in der npch so mancher katholischer Seelsorger auch als 45jährige noch wie Buben wirkten, sich in ihrer Freizeit allenfalls um Bienenstöcke kümmerten. Eben als Priester noch Weile hatten, ihr Gebets- buch im Schatten der Obstbäume ihrer Gärten versonnen "run- ter zu murmeln".

"Diese romantisch verklärten Seelsorger", bedeutet Martin, "sind verschwunden, gibt es nicht mehr. - Andere Zeiten, andere Priester. Und die wenigen werden immer weniger." Noch vor 30 Jahren zählte die katholische Kiche Frankreichs als älteste Tochter Roms insgesamt 41.500 katholische Seelsorger. Praktisch hat sich ihre Anzahl bis heute halbiert. Hinzu kommt, dass von den aktiven Pastoren nur ein Viertel unter 60 Jahre alt ist. Jeder vierte Seelsorger musste gehen, nur weil er seine Frau lebte. - Endzeitstimmung.

Fühlten sich vor fünfzig Jahren jährlich noch etwa 1.400 Männer zum Priester berufen, so sind es heute mal gerade noch hundert, wenn es gutgeht. Besuchten im Jahre 1946 noch 33 Prozent den sonntäglichen Gottesdienst, so reduzierte sich der Kirchengang ab dem Jahre 1991 auf knapp acht Prozent. Immerhin gelten offiziell 80 Prozent der 57-Millionen-Be- völkerung als katholisch. Aber lediglich ein Fünftel bekennt sich noch uneingeschränkt zu den Dogmen aus Rom.


FRAUEN-ORDINATIONEN

Allein in jüngster Vergangenheit haben an die zehntausend Priester ihrer Kirche den Rücken gekehrt. Unterschiedlich waren die Demissionsformulierungen. Einheitlich indes die Abschiedsgründe, die da unisono lauteten. "Lasst uns in Frieden mit dem weiblichen Geschlecht leben, selbstbe- stimmend und gleichberechtigt auch. Hört auf, die katholische Kirche selbstzerstörerisch zugrunde zu richten. Sagt ja zur Ehescheidung, ja zur Empfängnisverhütung, ja zur Abtreibung, ja zur Frauenordination, endlich ja zur Priesterehe - und die Gotteshäuser werden brechend voll sein."

GEGENWELT ZUR GEGENWART

Szenenwechsel von der Beaujolais-Region in die Pyrenäen. - Der französische Wallfahrtort Lourdes gilt als katholische Trutzburg einer religiös verschworenen Gegenwelt zur Gegenwart. Lourdes in den Pyrenäen mit seiner schwer- blütigen Kirchengeschiche war stets Seismograph katholischer Umwälzungen, seit jeher galt es als ehernes Symbol für den uneingeschränkten Machtanspruch des Papstes. Mitte der neunziger Jahre ist der Ort zu einem Refugium des klerikalen Fundamentalismus geworden - ein Mekka für Mythen und Legenden zu Zeiten einer rational und fortschrittserpichten Jahrhundertwende.

Gemächlich schiebt sich ein Pilger-Pulk vor die Dreifach-Basilika. Die Kirche, nach Pius X. benannt, wurde 1958 zur Hundertjahrfeier geweiht. Hier hatte Bernardette Soubirous, Tochter eines verarmten Müllers, mehrere Marienerscheinun- gen der "unbeflecken Empfängnis". "Das Gotteshaus ist fast 200 Meter lang, 80 Meter breit, fasst 25.000 Gläubige.Vorbei sind die Zeiten, da ausschließlich Kranke auf wahre Wunder hofften: Bis heute sind 2,5 Millionen Körperbehinderte gen Lourdes befördert worden. 3.500 Heilungen stellten Ärzte fest, als Wunder erkannte die katholische Kirche 65 Gene- sungen an.

AUGENBLICKE AUS LOURDES

Moment-Aufnahmen aus Lourdes sind Nachrichten aus einer Gegenwelt, die dem Atheismus mit moralischem Rigorismus zu trotzen sucht. Längst ist Lourdes auf Geheiß Johannes Paul II. (*1920+2005) zum markellosen Refugium der Römischen Kurie geworden. Da fesselt der französische Priester George Morand die Gläubigen vor dem Kirchenportal mit den Bekenntnissen als Teufelsaustreiber. Über zehn Jahre notierte er seine Erfahrungen. In dem Buch "Verlasse diesen Menschen, Satan" kommt der 63jährige zur Einsicht, dass psychische Krisen, gar Schreikrämpfe, eindeutige Alarm- signale seien. "Buße, Buße, nur beten heilt", schallt es ihm folgsam entgegen.

Deutschlands Militärbischof Johannes Dyba (*1929+2000) feiert mit 25.000 Uniformierten internationale Soldaten- wallfahrt. Die Bundeswehr ist mit dreitausend Mann dabei. Selbst vierzig kranke Armee-Männer hat der Bischof ein- fliegen lassen. Auf dem Kreuzweg tragen sie die Soldaten im Gleichschritt. Mittendrin postiert sich Dyba und doziert: "Wer wisse, dass Gott ihn gewollt hat, der könne nie mehr so ganz down und out sein." Die Bundeswehr nickt einvernehmlich. Verständlich, dass unter kirchlicher Obhut viel gesungen wird: Sonderurlaub in Südfrankreich, Trinklaune, Feiertagsstimmung.

ÜBERALL UNIFORMEN

Überall wimmelt es vor Uniformen. Im Pilgerhandbuch steht geschrieben, dass eine "Verbrüderung im Rahmen einer Wall- fahrt" passieren sollte. Ganz im Sinne des Lagerpfarrers Schadt, der im Feldgottesdienst predigt: "Jungs, wir spielen um und für das Leben. Unsere Jungfrau Maria ist die Trainerin und Gott der Präsident." Dann wirft er einen Fußball auf die Betenden: "Weil wir gewinnen werden. Amen."

Vor dem Portal der Dreifach-Basilika harren zehn schwangere Frauen, Mitglieder der "Union pour la vie" - einer traditio- nellen Vereinigung, die einzig und allein dem Vatikan die rettende Wahrheit zugesteht. "Abgetriebene Föten taufen und christlich beerdigen, Monseigneur" steht auf ihrem Trans- parent.

KIRCHLICHES RODEO

Dahinter haben sich etwa 50 Herren aufgebaut: Männer der Anti-Abtreibungs-Kamandos. Seit Monaten wissen sie die Schlagzeilen und die Kardinäle auf ihrer Seite. Wendezeiten in Frankreich, wo Schwangerschaftsunterbrechungen seit Mitte der siebziger Jahre einvernehmlich geregelt sind: Überall stürmen militante Fundamentalisten OP-Stationen in Kranken- häusern. Und immer ist ein katholischeer Priester dabei, wenn es gilt, ein kirchliches Rodeo gegen die Abtreibung zu ins- zenieren. So in Grenoble - dort kettete sich Pater Gérard Calvet im Oktober 1994 in der Universitätsklinik mit acht Mitstreitern an Krankenbetten.

Als der Benedetikiner sich im Januar 1994 mit seinem Gefolge vor Gericht verantworten musste, war ihm eines gewiss: die Geldstrafe von 760 Euro zahlt der Erzbischof von Paris; die Gefängnisstrafe wurde ohnehin auf Bewährung ausgesetzt. Verständlich, dass jene Herren-Gesellschaft der Anti-Abtreibungskommandos in Broschüren ihre "Erfolgs- bilanzen" siegesgewiss verteilen: mal eine Massen-Demon- stration vor der Oper zu Paris, mal Ärzte und Kranken- schwestern eingeschüchtert.

Noch nie war die katholische Kirche in Frankreich so zer- rissen, derart gelähmt, von Spaltung bedroht wie im Augen- blick. Eine christliche Gemeinschaft verweigert sich der Wirklichkeit und straft jene ab, die sich mit ihr ausein- andersetzen.


BISCHOF MUNDTOT GEMACHT

Der vom Papst ins Abseits beförderte Bischof von Euvreux, Jacques Gaillot, ist zu jenen nach Paris in die Rue du Dragon 7 gezogen, für die der 59jährige - auch als Kirchenrepräsentant - da zu sein glaubte: zu den Armen, Obdachlosen und Sozialhilfe- empfängern. Längst ist Gaillot zum Synonym, auch zum Sym- bol, der Kirchenspaltung geworden. 50.000 Menschen zog es auf die Straße, über 100.000 Gläubige demonstrierten mit ihrer Unterschrift gegen seine Amtsenthebung. Einfach deshalb, weil er vorlebte, "dort präsent zu sein, wo wir es als Kirche leider häufig nicht sind" - bei Obdachlosen, Aids- kranken, Homosexuellen, Asylsuchenden. Wichtiger als Messen, Prozessionen und mystische Wallfahrten war ihm, das Evangelium vorzuleben. "Eine Kirche, die nicht dient, dient zu nichts", ist eine seiner Standard-Formulierungen.

Dabei konnte Gaillot nicht ahnen, dass sich Frankreichs Kardinäle schon 1983, nur ein Jahr nach seiner Ernennung, darauf verständigt hatten, den Papst zu seiner Abberufung als Bischof zu bewegen. Damals was Jacques Gaillot der einzige Oberhirte der Republik, der gegen ene Entschließung der Bischofskonferenz stimmte. "Den Frieden mit atomarer Abschreckung gewinnen", verlautbarte sie damals. Der Ort dieser Handlung war die Dreifach-Basilika zu Lourdes.























Dienstag, 14. November 1995

Wallfahrt zu Charles de Gaulle


















Vor mehr als drei Jahrzehnten starb Charles de Gaulle - Vater der 5. Republik. Sein Wohn- ort ist zum Wallfahrtsort geworden. Über eine halbe Millionen Menschen pilgern jährlich nach Colombey-Les-Deux-Eglises in der Cham-pagne. Sehnsucht nach dem Über-Vater, Rück- besinnung auf Herkunft - auf Frankreichs Geschichte .


Die Rheinpfalz, Ludwigshafen
14. November 1995
von Reimar Oltmanns


In der französischen 370-Seelen-Gemeinde Colombey-Les-Deux-Eglises gibt es unterdings drei Altäre. Zwei, die seit eh und je in der Dorfkirche stehen, und einen, der zu Ehren des Gründers der Fünften Republik, Charles de Gaulle, errichtet wurde - zu seinem 25jährigen Todestag am 9. November 1985 im Souvenirladen der Madame Demange. gleich auf der Hauptstraße, hinter zwei riesigen Fahnen in Farben der Trikolore.

Ihn - den de-Gaulle-Altar - zieren unzählige Teller, T-Shirts und Taschen, Aschenbecher, Feuerzeuge, Salz-fässer, Barometer, Eieruhren, Käseplatten, Briefmarken, Blumenvasen und natürlich de-Gaulle-Büsten als para-religiöse Devotionalien in allen Größen; Video- und CD-Tonkassetten, der Wimpel mit Kreuz und Kirche, eben Lothringer Kreuze in allerlei Varianten, zum Anhängen oder als Ring in blau-emaillierten Herzen, auch ins V-Zeichen des Siegers eingelassen.

ORT AUF DER WELTKARTE

Postkarten zeigen den General mal als Retter der Nation auf einem Schlachtschiff im Ärmelkanal, mal als würdi-gen Greis an der Seite seiner Frau Yvonne. Und auf dem Porzellan-Aschenbecher steht geschrieben: "Hier ist Frankreich zu Hause. Hier ist Vaterland. Es war der General - er malte unseren Ort auf die Weltkarte."

Da stehen sie nun, Seite an Seite in der ersten Reihe der überfüllten, kleinen Dorfkirche - und das noch nach Jahrzehnten, Jahr für Jahr. Die Alt-Gaullisten, die Erzfeinde der Pariser Macht- und Prestige-Politik oder auch nur die leiblichen Enkel des Generals. Alle Jahre wieder dröhnt die Orgel, antwortet der Chor. Aus dem Gesang lösen sich Worte: Tod - Schlachfeld - Vaterland.

NAPOLÉON - DE GAULLE

Eine schlichte, elfenbeinfarbige Marmorplatte schmückt das Grab de Gaulles - am 22. November 1995 wäre er 105 Jahre alt geworden. Die goldene Prägeschrift be- schränkt sich auf das Notwendigste. De Gaulle und seine Frau ruhen Seite an Seite mit ihrer behinderten Tochter Anne. Kein Kranz, keine Blumen. Das hatte der General schon 1952 testamentarisch verfügt. Die Mehrheit der Franzosen, so ermittelten Meinungsforscher, glaubt nicht, "dass sie zu Lebzeiten noch einmal einen Staats- mann vom Format de Gaulles erleben werden." Und 23 Prozent der Befragten halten de Gaulle für ebenso be- deutend wie Napoléon. Immerhin wurden etwa 4.000 Bücher nach Schätzungen des "Instituts Charles de Gaulle" in aller über den ehemaligen Präsidenten verfasst.

Oft baut sich Madame Demange bedächtig vor dem de Gaulle-Altar auf. Das verlangt schon ihr Verkaufsritual. Folglich gehen ihre Blicke auch hinaus auf den dörf- lichen Hauptboulevard. Dort, wo sich Menschen- kolonnen gemächlichen Schrittes Richtung Friedhof schieben. An die 600.000 Touristen finden jährlich ihren Weg nach Colombey-Les-Deux-Eglises.

NOSTALGIE-WELLE

Eine unvermutete Nostalgie-Welle verklärter, auch längst vergilbter Jahre des Gaullismus schwappt über das Land. Die Republik erinnert sich auffällig hin-gebungsvoll ihres Gründers. Die eigentlich große Versöhnungswelle mit ihrem einst eher unbeliebten, autokritischen aber wortgewaltigen General Charles de Gaulle hat in Frankreich ein Vierteljahrhundert nach seinem Tode erfasst. Erst jetzt zu seinem 25jährigen Todestag (am 9. November 1995) und seinem 105. Geburtstag (am 22. November 1995) scheinen die Gegner von ehedem, vornehmlich die Intellektuellen der Republik, zur Versöhnung bereit zu sein.

Und es gibt in Frankreich zusehends mehr Menschen, die ans Grab de Gaulles wallfahren. Längst hat sich dieses eher ärmliche Dorf, umgeben von melancholisch angehauchten Wäldern in der Champagne, von kasta- nienbraunen Felder und schmutziggrauen Häusern zum neuen Lourdes politischer Pathos-Pilger gemausert.


POLIT-ZIRKUS

In solchen Momenten seufzt die 48jährige Souvenir-Madame laut: "Der Polit-Zirkus mit theatralisch vorge- brachten Touristengefühlen lebt in Lourdes für die katholische Kirche. Und wir hier betreiben einträglichen Fassadenputz für die gaullistische RPR-Parteipolitik. Frankreich, fragen wir uns inzwischen alle, was ist bloß los mit Dir?"

Immerhin: Noch nie waren die Vertrauensverluste in die Politik-Klasse so dramatisch wie heute. Noch nie gab es solch vollmundige Versprechungen verbunden mit krassen Wortbrüchen. Noch nie gab es so viele Men- schen ohne Brot und Arbeit. "Und dann inszeniert sich", fährt Madame fort, "die Grande Nation mit ihren kostspieligen atomaren Testversuchen, auch noch großspurig als Supermacht, auf dem Mururoa-Atoll. Frankreich gegen den Rest der Welt. Diese Politiker sind geradewegs dabei, das Erbe des Generals, unsere fünfte Republik, zu verspielen. Denn, der hatte stets auf den sozialen Ausgleich geachtet." Ihre Mutter, die zuhört, nickt stumm.


EUROPA ALTER NATIONEN

De Gaulles Außenpolitik war seiner Zeit voraus. Er proklamierte als Ziel die Auflösung der Militärblöcke und umschrieb sei Engagement für ein "Europa vom Atlantik bis zum Ural" auch als "die Überwindung von Jalta"; er empfing Ungarn, Tschechen, Bulgaren be- suchte Polen und Rumänien. Oft sprach er davon, dass Europa wieder ein Kontinent "seiner alten Nationen" werden müsse. Seine Europa-Politik "vom Atlantik bis zum Ural" gilt heute als visionär, seine Ansicht von der Überlegenheit des Nationalen gegenüber den Ideologien als bestätigt.

NUKLEAR-MACHT

Demonstrativ hatte Frankreich unter seiner Führung zu den inzwischen fünf Nuklearmächten der Erde aufge- schlossen. Es war de Gaulle, der m Februar 1960 die erste Explosion einer französischen Atombombe über der algerischen Sahara mit einem freudigen "Hurra Frankreich" begrüßte.

November-Tage - das waren in Frankreich schon immer de Gaulle-Tage oder auch Wallfahrts-Augenblicke. Colombey-Les-deux-Eglises ist ein kleiner Ort am Ostrand der Champagne im Département Haute Marne. dreihundert Kilometer östlich von Paris gelegen. Hier gibt's keine Industrie, kaum Städte, nicht einmal Wein wächst. Statt dessen viel Vieh, ein wenig Weizen und vor allem eine überlebensgroße Erinnerng an Charles de Gaulle. Kurzum: Nirgendwo, so will es scheinen, ist Frankreich französischer als hier: tiefernst und tiefkatholisch.

LA "BOISSERIE"

Auf dem Landsitz des Generals La Boisserie" steht in der Bibliothek der Lehnstuhl vor dem Spieltisch, an dem de Gaulle vor einem Vierteljahrhundert bei den Abend- nachrichten einschlief. Es ist ein kompakte, solides Herrenhaus aus dem Jahre 1843, ganz mit Wein bewachsen. Der Berufssoldat de Gaulle hatte es 1934 gekauft. Auf Wunsch des Generals und ohne staatliche Zuschüsse wurde in den fünfziger Jahren ein Turm angebaut, in dem er sich sein Arbeitszimmer einrichtete. Ein heller Raum mit Kachelboden und drei Fenster, die den Blick freigeben auf fünfzehn Kilometer Wald und Wiesen ohne ein einziges Haus. Einen Steinwurf ent- fernt ragt heute ein 43 Meter hohes Lothringer Kreuz aus Stahl und Marmor in die Höhe. Zu Lebzeiten hatte sich de Charles de Gaulle gegen solche monumentalen Ehrungen gewehrt. "Das würde nur die Feldhasen verscheuchen", sagte er. Trotzdem schluf er für alle Fälle einen Standort vor. In den Sockel eingehauen sind die Worte: "Es existiert ein Pakt, 20mal 100 Jahre alt, zwischen der Größe Frankreichs und der Freiheit dieser Welt. Ch.d. G."

WARTEN AUF DIE GESCHICHTE

"Die Einsamkeit ist meine Freundin. Mit wem sonst soll man sich zufriedengeben, wenn man einmal mit der Geschichte verabredet war", so dachte, so redete, so schrieb de Gaulle. Zumindest in "La Boisserie" hat de Gaulle sein Leben lang sendungsbewusst immer wieder darauf gewartet, von der Geschichte gerufen zu werden. Hier wartete er auf den Einmarsch der Wehrmacht, der ihn ins Exil nach London trieb und schließlich nach Kriegsende zum Präsidenten der Republik machte. Hier wartete er zwölf Jahre lang, nach dem Zusammenbruch der Vierten Republik bis zur Algerien-Krise 1958, die ihm seine zweite Präsidentschaft eintrug. Und hier wartete er auch auf das Resultat jener für ihn folgen- schweren Volksabstimmung nach den Studenten-Unruhen im Mai 1968. Er hatte nicht begreifen wollen, dass die großen Stunden der einzelgängerischen Chefs vorbei waren. Und hier erwartete er letztlich auch den Tod, der ihn am 9. November 1970 ereilte, als er gerade an einem weiteren Kapitel seiner Memoiren schrieb. Titel: "L'effort" - Die Anstrengung.

Jedes zweite Wochenende flüchtete de Gaulle aus dem ihm verhassten Elysée-Palast nach Colombey zur Familie. Schwiegersohn de Boissieu, langjähriger Generalstabschef des Heeres, Sohn Philippe, auch Kulturminister André Malraux (*1901+1976) waren gelegentlich dabei und durften mitreden. Nur hier taute der General auf, soweit seine Anstandsregeln dies über- haupt zuliessen. Mit seiner Frau Yvonne hat er sich gesiezt. Von sich selbst sprach er in der dritten Person.

KONRAD ADENAUER

Naheliegend, dass aus seiner Bibliothek Geschichte aus allen Ecken weht. An dieser Stätte der Zurückgezogen- heit wurde zwischen den "Erbfeinden" von einst der deutsch-französische Freundschaftsvertrag von 1963 vorbereitet. Und Konrad Adenauer war der einzige Regierungschef, der die Ehre hatte, von de Gaulle in seinem Haus empfangen zu werden. Wie weit die beiden Staatsmänner ihrer Zeit vorausdachten, belegt der Hinweis, dass schon Charles de Gaulle (*1890+1970)und Konrad Adenauer (*1876+1967) sich darüber Gedanken machten, ob der deutsch-französischen Vertrag völkerrechtlich potentiell für Gesamtdeutsch- land seine Gültigkeit habe. De Gaulle antwortete mit der prophetischen Bemerkung, dass die Wiedervereinigung als "natürliches Schicksal des deutschen Volkes" anzusehen sei.

HELDENVEREHRUNG

Irgendwie schlägt diese verschlafene Colombey-Les-Deux-Eglises den bizarren Bogen von Weltpolitik samt Heldenverehrung zu typischer französischer Sentimen- talität zwischen Citroen und Kinderbettchen. Hier fand de Gaulle jene Leute, die bis heute die Republik weitaus stärker prägten als die fernsehgeübten, wortgewaltigen Intellektuellen aus dem Quartier Latin der auch die showgeübte Schickeria auf der Croisette von Cannes. La France profonde, wie es heißt, das wahre, tiefe Frank- reich - ohne das in Frankreich keine Mehrheit zu fincden ist. So betrachtet, ist de Gaulle Stätte seiner Zurückge- zogenheit nicht nur Wallfahrtsort, sondern Sammel- punkt und Bekennerplatz der gaullistischen Bewegung schlechthin.

HINTER KARL DEM GROSSEN

Früh am Morgen hatte Staatspräsident Jacques Chirac (1995-2007) am Tage seiner Amtsübernahme im Mai 1995 in Colombey-Les-Deux-Eglises am Grab von Gene- ral de Gaulle einen Kranz niedergelegt. Das ganze Dorf begleitete ihn. Am Nachmittag fuhr er mit offenem Wagen, einem Citroen-Masaerati, eskoriert von Fanfare und Kavallerie der Garde auf dem beflaggten Champs-Elysées. Sichtlich bewegt entzündete Chirac dort im Bei- sein des Parlamentspräsidenten und zahlreicher Vertreter seines Algerien-Regiments ( Algerien-Krieg 1954-1962) und einer begeisterten Menschenmenge am Grab des Unbekannten Soldaten - die Gedenkflamme.

"Der Gründervater unserer fünften Republik", bekundete Bernadette Chirac, "war unter uns. Er hat das politsche System geprägt, uns geprägt - de Gaulle ist stärker denn je in Frankreich verankert. Er kommt gleich hinter Karl dem Großen."



Samstag, 4. November 1995

Studenten-Aufbruch ins Mittelalter





























































Offiziell werden derlei Initiationsriten - le Bizutage - an den Grandes écoles und Uni-versitäten des Landes totgeschwiegen. Seit 1997 sind derart rüde, mitunter brutale "Auf-nahmepraktiken" sogar ins Strafgesetzbuch aufgenommen. Gefängnis- wie Geldstrafen sollen Abhilfe schaffen. Dennoch leben jene studentischen "Korpsgeist"-Schikanen seit den zwanziger Jahren ungeahnt fort - Nöti-gungen als "Härtetest", Erniedrigungen der Neuankömmlinge, seelische wie körperliche Gewalt sollen ein Gemeinschaftsgefühl als Kaderschmiede stärken. Für manche Erst-semestler ist die Bizutage mittlerweile zu einem "humoristischen" Willkommensgruß geworden. An so manchen Hochschulen hingegen herrschen weiterhin
Peitsche, Knüppel,
Baseballschläger - gar Schutzgeld-erpressungen.

Nürnberger Zeitung
vom 4. November 1995
von Reimar Oltmanns

Herbst für Herbst herrscht an den 154 Hochschulen Frankreichs ein markanter Ausnahmezustand. Zum Vorlesungsstart heißt es für Zehntausende von Erst- semestlern, sich in Gruppen zu entkleiden, erniedrigen, fortwährend demütigen zu lassen - nahezu acht Tage ohne Unterlass; unfreiwilliger Gruppensex inklusive.

Jeden Oktober werden die etwa 60.000 frisch imma- trikulierten Studenten der prestigeträchtigen Elite- schulen der Republik auf ihren neuen Lebensabschnitt abgerichtet, zugerichtet und "typisch französisch", so die Tageszeitung "Le Figaro", "wieder aufgerichtet". Voilà.


FUCHSTAUFE

"Le Bizutage" nennt sich solch ein Initiierungsritual, das einem Einführungszeremoniell, etwa der Fuchstaufe in schlagenden deutschen Studentenverbindungen ent- spricht, aber wesentlich "härter" ist.

Vornehmlich im Windschatten einer "geistig-mora- lischen Erneuerung" der Nation durch ihren Präsidenten Jacques Chirac ist Frankreichs Bürgertum am Ende des 20. Jahrhunderts zutiefst davon überzeugt, dass die Bizutage nicht etwa ein Überbleibsel verblichener Grande-Nation-Jahre, sondern ein "unverkennbares Gütespiegel der französischen Elite" sei.

Von der französischen Öffentlichkeit nahezu ver- schwiegen, da offiziell zu peinlich, leben in den Tempeln der Republik hinter einer wohlbehüteten Frohsinns- fassade ungeahnt mittelalterliche Bräuche fort.


ELITÄR UND NACKT

In Paris etwa krakeelte nackt eine Gruppe jungen Fran- zosen über den Boulevard Saint- Germain. Ihr Ziel: das Künstler-Café "Le Deux Magots". Die designierte Kunst- elite der École des Beaux-Arts hat hier, so bestimmt es das Aufnahmeritual, im gediegenen Jugendstil-Inte- rieur "sendungsbewusst und unbekleidet" Kaffee zu trinken und natür-lich die Marseillaise zu singen.

In Lyon mussten sich Studentinnen zur Wahl einer "Miss Nympho" nackt ausziehen. Ein Video hielt ihre Entblößung fest. Die Kassetten wurden später heim- lich verkauft. Minderjährige Mädchen wurden an der Universität Lyon III von angetrunkenen Studienkame- raden gezwungen, an einer zwischen Männerbeine geklemmten Banane zu lutschen.

REITPEITSCHEN

Mit Reitpeitschen oder Baseballschlägern sorgen nicht selten Kapuzenstudiker dafür, dass niemand aufzu- mucken wagt; Vergewaltigungen inbegriffen. Heißt es doch neuerdings fast ausnahmslos in allen Begrüs- sungsschreiben des akademischen Neuanfangs eines jeden Jahres: "Scheue weder vor Erniedrigung noch vor totaler Unterwerfung zurück. Wisse, dass jede Rebellion im Keim erstickt wird. Das Tribunal wird dich richten."

In Bordeaux hatten sich alle Mädchen und Jungen zu entkleiden und zur Begutachtung aufzustellen. Bei den Mädchen reichte Schönheit aus, bei den Jungen hin- gegen durften sich nur jene zu den Siegertypen zählen, die die prächtigste Erektion vorzeigen konnten.

In Lille sorgt insbesondere die katholische Fakultät der Universität mit ihren Zutaten zum "Bizutage-Menu" für Furore, das dort alljährlich für jeden Anfänger unter Zwang verabreicht wird; als Beleg "christlicher Ethik", wie es in einem offiziellen Rundscheiben des Dekans verlautbart.

RÜDE ATTACKEN

Röchelnd wie würgend versucht der halb nackte Theologiestudent Gilbert Descours seinen älteren Kommilitonen zu entkommen. Doch kräftige Hände halten ihn nieder, sperren ihm den Mund auf und schütten ihm mit einer Kelle die gefürchtete "Suppe" in den Schlund - ein Gebräu aus Rotwein und Urin, Öl und Erbrochenem. Nach jener obligatorischen Drangsal gibt es immerhin - Katzenfutter als Dessert.

In keinem anderen Land Europas sind junge Menschen auf dem Weg in die Universitäten derlei mittelalterliche Initiationsriten ausgesetzt wie in Frankreich. Aber auch in keiner Nation wird dem Hochschuldiplom eine solch lebensbestimmende Karriererolle zugewiesen, wie in eben diesem Frankreich.


NAPOLÈON III.

In früheren Jahrzehnten war die Bizutage, die seit der Zeit von Napoléon III. (1852- 1870) existiert, quasi eine Taufe; nichts anderes als ein angeblich hübscher Scha- bernack, den ältere Studenten mit den Neuankömm- lingen erlesener Lernanstalten trieben. Dabei wurden derlei entwürdigende Ausschreitungen oft beschrieben, kritisiert, sogar mit "Nazi-Bräuchen" verglichen, so von der sozialistischen Präsidentschaftskandidatin Ségolène Royal (2007). Das Magazin "Le nouvel Observateur" titelte gar: "Tyrannei der Dreckskerle". Die Tages- zeitung "Le Monde" geißelte die Bizutage "als einer zivilisierten Nation unwürdiges Brauchtum".

Und ganz allmählich schien die Bizutage, seit dem Jahre 1928 ohnehin offiziell als Unsitte per Ministererlass gebrandmarkt, durch den 68er Rebellengeist vom Campus endgültig verbannt zu sein. Lediglich die elitären Grandes Écoles mochten sie nicht von ihren erprobten Mannbarkeits-Auswüchsen trennen.

Doch auf einmal waren sie wieder da, die Bizutages, als Renaissance französischer Tradition belobigt. Klima- wandel. Selbst kleine Handelsschulen in den Provinzen oder auch private Gymnasien vielerorts in der Republik wetteifern nunmehr ihren fragwürdigen "Vorbildern" nach. Auf diese Weise hoffen sie, sich etwas vom Flair der Großen ans Revers heften zu können.

SOS BIZUTAGE

"Das Dilemma ist", bemerkt Jean-Claude Delarue als Präsident des Bundes gegen Beamtenwillkür, "unsere Schüler lernen, dass sie im Land der Menschenrechte leben, und als Studenten erleben sie einen Albtraum." In seinen Pariser Büroräumen ließ er schon vor Jahren vorsorglich einen Telefonnotdienst "SOS Bizutage" einrichten. Aber selbst dort wollen traumatisierte Opfer allenfalls anonym auspacken. Oft melden sich aufge- brachte Eltern anstelle ihrer gerupften Kinder. "Die Studenten", weiß der Pariser Psychiater Samuel Lepastier, "plagt ein Zielkonflikt. Entziehen sie sich der Erniedrigung, werden sie verstoßen. Passen sie sich an, haben sie mit unendlichen Schuldgefühlen zu kämpfen."

STRAFVERFOLGUNG

Ergo kommt es zur Anzeige, zur Strafverfolgung fast nie. Ein "Gesetz des Schweigens durchzieht das Land", kon- statiert die Tageszeitung "Liberation". Ausnahmslos ängstigt die Opfer, von der Gemeinschaft ausgestoßen zu werden, die Korpskarriere in Wirtschaft oder Ver- waltung zu verbauen, wenn sie als Opfer solche pervers-verächtlichen "Elitepraktiken" publik machen.

Ein gewiss nicht nur ungeschriebenes französisches Gesetz besagt, dass Abweichler oder Petzer nach Studierende nicht mit der Förderung durch die Ver- bände der ehemaligen Kameraden qua Empfehlung rechnen können. Und das will etwas heißen. Denn ohne Protektion war und ist in Frankreich nun mal kein ein- träglicher beruflicher Aufstieg zu haben.

STAATSPRÄSIDENT ALS HUHN

Bizutage-Zeit in Paris - ob an den Grandes Écoles oder auch in den privaten Schulen der Provinzen. Unter- schiedlich sind Herkünfte, Qualifikationen, Erwar- tungen, Versagerängste und natürlich angestrebte Zukunftsprofile. Als Paradebeispiel gilt die Begebenheit mit Giscard d'Estaing. Sie wird Jahr für Jahr auch ungefragt erzählt, als sei sie erst gestern passiert. Ex-Staatspräsident Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981) musste sich als Neuling an der "École des mines" splitter- nackt mit Leim und Federn in ein riesiges Huhn verwandeln lassen.

Die Konsequenz schien zwingend. Einmal im Elysée, hievte er seinen einstigen "bizuteur"André Giraud gleich auf den Posten des Industrieministers - Französische Bizutage-Karrieren. Und die beruhigen allemal.


Sonntag, 17. September 1995

Buchkritik - Eine Reise durch das Frankreich der Frauen


Hessische Allgemeine, Kassel
17. September 1995
von Ina Joop

Recklinghäuser Zeitung, Marl
21. Oktober 1995
von Angela Lamza

Nürnberger Zeitung
26. Juni 1995
von Sharon Chaffin

Neue Zürcher Zeitung
25. April 1995
von Christane Schott






Recklinghäuser Zeitung , Marl
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Manch eine Zeitgenössin wird es vielleicht als Provo-kation empfinden: Der Autor des Buches "Vive la fran- çaise - Die stille Revolution der Frauen in Frankreich" ist ein Mann, ein deutscher Journalist , der mit einer Französin verheiratet in Frank-reich lebt. Aber auch dieser Hinweis wird nicht ausreichen, um als Autor eines Buches über Frauen in Frankreich zu überzeugen. Seine Aufzeichnungen mischen sich - und das sehr heftig - in die Frauendebatte dieser Jahre ein.

Der 46jährige Journalist Reimar Oltmanns gehört zu jenen Männern, die im Emanzipations-bestreben der Frauen den eigentlichen zentralen gesellschaftlichen Sprengsatz kommender Jahrzehnte ausmachen. Als er noch in jenen Frauen bewegten Jahren in Deutschland lebte, porträtierte er Politiker- innen auf dem dornigen Weg an die Macht. Er beschrieb ihren Gestaltungsspielraum, ihre Visionen und ihre Hoffnungen.

In Frankreich ging er den umgekehrten Weg. Über zwei Jahrzehnte reiste Reimar Oltmanns durch die Re- publik und war dem Selbstverständnis der Franzö-sinnen auf der Spur - schwierige und geduldige Lern-prozesse! Er war bei den Soldatinnen von Kampfein- heiten in La Valbonne, bei den Ingenieurinnen in den Kernkraftwerken, bei den Bäuerinnen, Pilotinnen, Fischerinnen und Politi-kerinnen. Er beschreibt junge Mädchen in ihrer Perspektivlosigkeit - aber auch Mäd-chenhandel und Prostitution.

Bei seinen Reportagen und Milieu-Recherchen ließ sich Reimar Oltmanns von einem Hauptgedanken leiten: Warum verlaufen die Emanzipationsprozesse in Frank-reich so ganz anders - in manchen Bereichen entgegen- gesetzt - als in Deutsch-land? Warum ist die Französin in ihrer Selbstbehauptung viel weiter als ihre deutsche Nachbarin?

Und er behauptet: In den letzten fünf Jahren haben Französinnen mehr in ihrem Land verändert als in den 25 Jahren zuvor: Ohne inszenierten "Geschlechter-kampf" und ohne angemessene politische Repräsentanz erreichten Frankreichs Frauen, dass die gesellschaft- lichen Rahmenbedingungen wesentlich verstärkt auf ihre Be-dürfnisse zugeschnitten wurden. Frankreichs Frauen verzichten weder auf Kinder noch auf Karriere. Ob in den Provinzen oder in den Ballungszentren: Die Französin ist längst zu einem Machtfaktor geworden. Frankreichs Frauen rollen ihr Land von unten, von der Basis auf. Längst diktiert eine erkennbare feminine Atmosphäre Umgang und Geschehen in unserem Nachbarland.

Reimar Oltmanns Buch ist ein Buch über das Land Frankreich: Eine Reise durch das Frankreich der Frauen; durch virulente Veränderungen und Wider-sprüche einer Gesellschaft, durch markante Milieus und rasante wirtschaftliche wie soziale Umbrüche in den neunziger Jahren. Und es ist ein Buch, das Nachdenk- lichkeit erzeugt. Ganz im Sinne der Pariser Philosophin Elisabeth Badinter: "Die Deutschen führen Krieg mit ihren Männern. Aber ich finde, die Situation der französischen Frau ist wesentlich besser als die der Amerikanerin oder Deutschen. Denn wir haben mehr Rechte, mehr Gleichheit, auch in der Mentalität."


Hessische/Niedersächsische Allgemeine, Kassel
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"Sie müssen denken wie ein Mann, sich geben wie ein junges Mädchen , aussehen wie eine Dame und arbeiten wie ein Pferd." Mit diesem Satz im Hinterkopf verließ Reimar Oltmanns Ende der 80er Jahre Deutschland. Und in seiner neuen Heimat Frankreich sollte plötzlich nichts mehr so sein wie es einmal war - für einen Mann in den Irrungen und manchmal auch verbissenen Wirrungen der deutschen Frauenbewegung. Der Jour- nalist und Autor unserer Zeitung sah sich als "neu sozialisiertes Männlein Frauen bewegter deutscher Jahre" mit einer ihm bis dato unbekannten Art von Frauenbewegung konfrontiert.
EIN LOBLIEB
Schwärmerisch schwelgt er in einer von "femininer Atmosphäre" und "vitaler weiblicher Gestaltungskraft" durchdrungenen Französischen Republik. "Vive la Française!" - Der Buchtitel ist Programm: ein Loblied auf die Französinnen. Nun hat das weniger damit zu tun, dass Oltmanns sein jüngstes Werk seiner franzö- sischen Frau Jannick Boulle gewidmet hat, als vielmehr damit, dass ihn "Die stille Revolution der Frauen in Frankreich" nachhaltig beeindruckt und fasziniert hat.

Gut gemeinte Warnungen deutscher Feministinnen begleiteten den Autor: romanisch-katholisch Männer- obrigkeit ersticke feminine Machtverlagerungen schon im Ansatz. Seine Antwort: "Weder von der Kirche noch von den Männern würden sich die französischen Frauen ihre Weiblichkeit nehmen lassen". Und dabei hätten sie in den vergangenen fünf Jahren mehr verändert als in den 25 Jahren davor

Oltmanns: " Die Französin ist längst zu einem Macht- faktor geworden. Sie rollt ihr Land von unten - von der Basis - auf." Wer nun glaubt, es handele sich bei diesem Buch um einen reinen Jubelbericht eines Mannes auf die Medames und Made-moiselles, liegt falsch. Sicher kann Oltmanns seine Begeisterung für Frankreich und seine Bewunderung für die Französinnen nicht verber- gen. Unkritisch feiert er aber weder das Land noch die Frauen.

Oltmanns hat sein Buch angelegt als eine lesenswerte Reise durch das Frankreich der Frauen. Jedes Kapitel erschließt einen anderen Lebensbereich der französi- schen Gesellschaft. Und das konsequent aus Frauen- sicht. Oltmanns besuchte die Frauen in Frankreichs Armee, in den Fischerdörfern und Kernkraftwerken, sah sich bei Bäuerinnen, Nordafrikanerinnen, Prostituierten und Prominenten ebenso um wie bei Arbeitslosen und den Frauen aus der Résistance und aus der Politik.

Herausgekommen sind feingeschliffene Milieu-Studien - mit Seitenhieben auf eine hartnäckige aber weniger erfolgreiche Frauenbewegung in Deutschland. Die Reportageform, wie sie unsere Leserinnen und Leser aus Oltmanns' Beiträgen für die Sonntagszeit kennen, macht aus der minutiösen Sammlung von Fakten, den Hintergrund-Recherchen, Momentaufnahmen, Zeit- lupenbeobachtungen und Porträts hautnahe - weil erlebte - Schilderungen.




NÜRNBERGER ZEITUNG
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... ... Sein Buch ist angereichert mit Wissen über Land und Leute, immer wieder baut er in seinen Reportagen Brücken zur französischen Vergangenheit, sinnvolle Ver-gleiche zwischen Deutschland und Frankreich, den beiden Kulturen. Besonders gelungen sind ihm detail- lierte Personenbeschreibungen, beispielsweise die Lebensgeschichte von Patricia Kaas; jenes Aschen- brödel , das aus einer armen, kinderreichen Bergmanns- familie zur Chanson-Sängerin mit internationalem Ansehen avancierte und nun auf dem Höhepunkt ihrer Karriere ihre eigene Person, ihre Identität nicht mehr erkennen kann.



NEUE ZÜRCHER ZEITUNG
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... ... Als aufmerksamer Beobachter des Landlebens im speziellen und des Gastlandes präsentiert Reimar Oltmanns reichhaltiges Zahlenmaterial, originelle Wortbeiträge der Interviewpartnerinnen und infor- mative Exkurse in die Revolutionsgeschichte und hinter den Kulissen des Elysée-Palastes.















Samstag, 2. September 1995

Au bout de la plume: "Vive la française" un livre sur les femmes en France


Journaliste-écrivain allemand vivant à Bourg-en-
Bresse
. Reimar Oltmanns vient de publier un livre
sure la femm
e française.



Le Progrès, Bourg-en-Bresse
le 2. septembre 1995
par François Villeminot


Non, Reimar Oltmanns, ce journaliste et écrivain allemand de 46 ans, n'a pas voulu provoquer ses concitoyennes en écrivant dans sa langue maternelle "Vive la Française", qui vient d'être publié en Allemagne. Même si l'auteur est marié à une Française et même s'il vit à Bourg-en-Bresse depuis plusieurs années, il n'est pas tombé dans le piège d'une admiration béate face à tout ce qui porte le label "made in France". Cet ouvrage sous-titré "La révolution tranquille des femmes en France" est une véritable étude de société. Elle constitue en cela une pièce supplémentaire versée au dossier et elle risque, à ce titre, d'alimenter le débat sur les femmes au cours de ces dernières années.

Le parcours humain et professionnel de Reimar Oltmanns lui confère une qualité d'observateur privilégié. Journaliste ayant exercé son activité en Allemagne, grand reporter envoyé aux Etats-Unis, en Amérique latine en Asie et en Afrique puis corres- pondent durant deux années en Italie, il ne s'est pas contenté de rendre compte de l'aspect éphémère des événements. Il a su, au contraire, relier les donnés offertes par ses multiples champs d'obersvation et en tirer, grâce à sa disponibilité intellectuelle, une synthèse qu'il enrichit au quotidien.

A ce titre, il se défend de faire oeuvre de romancier, privilégiant, dans se démarche, l'étude de milieu. Un milieu qu'il s'attache à décrire avac précision et sensi- bilité, de manière à faire pénétrer ses lecteurs dans un décor et dans une atmosphère.

VOISINES MAIS DIFFÉRENTES

A son arrivée en France, Reimar Oltmanns a constaté que la lutte des sexes devenue obsessionelle en Alle- magne, aux Etats-Unis et même en Italie, ne se présen- tait pas dans l'Hexagone en termes de confrontation. Au fil des mois, il s'est rendu compte aussi que "la femme française n'avait pas étré reléguée come simple appoint de la vie économique".

Lui sont revenues alors en mémoire les réflexions de ses concitoyennes féministes jugeant la suprématie des hommes francais pétris de cultur catholique et romaine comme un obstacle à toute vellérité de pouvior féminin.

Reimar Oltmanns dénonce aussi une certaine presse allemande. Une "presse de boulevard" trop florissante et qui contribue á cette distorsion de l'image outre Rhin de la femme française.

"Au cours de ces dernières années, cette catégorie de magazines s'est complu à utiliser, à des fins perverses, de vieux stéreotypes du dixneuvième siècle". Des clichées tellement simplistes et restrictifs qu'ils cantonnent "les courtisanes sur les Champs-Elysées et les bonnes au foyer". Et l'auteur s'interroge alors sur les raisons d'une telle méconnaissance, "alors que le chemin entre l'Alle- magne et la France est si proche". Alors qu'Allemandes et Françaises ressemblent étrangement à des voisins de palier. Et si ces images surannées n'étaient pas autre chose qu'une facon de se prémunir contre certaines vagues de fond?

RECOURS AUX EMBLÈMES

Statistiques à l'appui, Reimar Oltmanns pose une autre question qui porte en elle-même les premiers éléments de reponse. "Si c'est vrai qu'en France, les femmes n'ont rien à dire , commont expliquer précisé- ment que se soit la Française qui, au regard de l'Europe, soit la plus présente dans la vie active, avec toutes les infrastructures - écoles, cantinesk crèches - qui lui permettent un tel investisment?" Et l'auteur décline d'autre avancées comme la loi relative à l'inter- ruption des grossesse qui en Allemagne, en est restée au stade des discussions.

Au fil de douze chapitres et souvent à travers des figures emblématiques. Reimar Oltmanns illustre son propos. Il lui donne chair, intelligence et audace. Il démontre, même si bien du chemin reste à parcourir, que la femme françaises a su partir de la base pour faire sauter, par exemple, les verrous des métiers masculins. Et l'on fait connaissance avec des femmes soldats ou pilotes de ligne, avec des femmes pêcheurs et des pay- sannes.

Apparaissent aussi la jeune femme sans qualification, la femme immigrée et la prostituée. Cette dernière donne l'occasion à l'auteur de prononcer un long réquisitoire contre la prostitution et l'organisation du trafic. "Les accords de Schengen ouvrent les frontières à de pré- tendus corps de ballets et servent de paravents à un véritable trafic de femmes".

L'un chapitres les plus forts concernce les femmes de l'ombre. Ces résistantes dont Reimar Oltmanns éclaire les visages dans un exorcisme émouvant. "Quand on se penche avec minutie sur ce problème, on com- prend l'absurdité de ce qui s'est passé entre Allemagne et la France".

Il ne se contente pas cependent d'apporter sa pierre aux relations franco-allemandes, Il va plus loin pour élargir sa vision à l'échelle de l'Europe. Une fois de plus, il inter- roge: "Où onduit cette Europe si elle ne s'inscrit que dans un cadre strictement économique?" Lui qui a is ses pas sur les sentiers de la France profonde, de ses modes de vie et de la comunion entre les êtres, en appelle à un sursaut, à uns prise de consience pour que cette qualité de vie ne soit pas laminiée.











Donnerstag, 24. August 1995

Lourdes qui rit, Eglise qui pleure - Cette des miracles et crise de la foi



















La ville des miracles se porte bien. Mais cette vitalité cache un désarroi profond au sein de l'Eglise catholique en France. Avec la menace d'un schisme entre intégristes et progressistes. Une analyse sans complaisance du journal alternatif de Berlin.


Courrier international,
Paris
24. août 1995
de Reimar Oltmanns

Au pied des Pyrénées, Lourdes, Idyllique. Atmosphère de tourisme teintée de religiosité, ambiance de foire mêlée de piéte. Bigots et bibelots. Sainte Vierge en plâtre et en plastique, Sainte Vierge aurélée de petites ampoules éle- ctriques. Avec plus de douze millions de visiteurs par an, Lourdes est devenue le plus grand lieu de
pèlerinage au monde.

Philippe Douste-Blazy, quarante-six ans, maire de Lourdes, estime que " la foi chré- tienne ne répond plus aux questions existentielles des individus. En revanche,
Lourdes joue encore ce rôle. Ce qui explique que les masses affluent dans la ville: Lourdes est devenue, sans le vouloir; un haut lieu de culte qui marche formidable-ment bien." Parfois, il se surprend à contempler pensivement cette foule immense venue regégénérer sa foi. "Vous savez , le fondamentalisme s'est brusquement ré-veillé non seulement chez les musulmans, mais aussi dans l'Eglise catholique, sou-ligne-t-il. Les cathédrales sont vides, les caisses sont pleines, l'entre-prise est impo-sante - mais la foi est bien souvent minime. Il y a plus que jamais urgence à engager uns nouvelle mission évangélisatrice du monde moderne. Lourdes, avec ses 18.000 habitants, en est le bastion. En France et un Europe." Une Mecque des mythe, des légendes et des exagérations caricaturales dans un siècle acquis à la rationalité et à l'affût du progrès.

2,5 millions d'handicapés sont été conduits à Lourdes

Lourdes, été 1995. D'un pas nonchalant, une colonne de pèlerins se dirige vers la

basilique. L'église fut inaugurée en 1958 pour le centenaire de l'apparition de la Vierge aux yeux de Bernadette Soubirous. Fille d'un pauvre meunier, celle-ci a eu plusieurs visions de l'Immaculée Conception. Dans l'imposante maison de Dieu, près de 200 mètres de long sur 80 mètres de large, 25.000 croyants peuvent réciter leur prière dans uns acoustique étourdissante. Les temps sont révlous où seuls les ma-lades plaçaient de fervents espoirs en un authentique miracle. En tout, 2,5 millions d'handicapés physiques ont été conduits à Lourdes. Pas moint de 3.500 guéri-sons ont été attestées par des médecins. Dont 65 ont été officiellement authen-tifiées comme miracles par Rome.

"Chemins de la spiritualité biblique"

Les temps sont également révolus où Lourdes se devait d'insuffler un nouvel élan, de nouvelles légendes au mythe de la Sainte Vierge. Désormais, en ces temps de crise qui secouent les chrétiens, la formule magique qui fascine tient en un mot: ésotérisme, Séminaires de recueillement, découvere des "chemins de la spiritualité biblique", entraînement à la pratique des prières et implerations de la Vierge censées ouvrir la voie vers la guérison, l'Eglise de France ratisse large pour rassembler ses ouailles. Et faire concurrence au bouddhisme et à l'islam. Il y a longtemps que Lourdes est devenue, sur ordre du pape Jean-Paul II, une dépendance parfaite de la Curie romaine. La France n'est-elle pas la fille aînée de l'Eglise?

L'évêque Johannes Dyba, aumônier militaire allemand, participe à Lourdes au pèlerinage militaire inter- national, qui regroupe 25.000 hommes. La Bundeswehr y est présente avec 3.000 hommes et 6 trains spéciaux.

Les vieilles cathédrales se dépeuplent, coûteux vestiges d'une culture à la dérive

L'évêque a même fait venir 40 des soldats malades. D'autres soldats les portent sur leurs épaules pour parcourir, au pas, le chemin de croix. Le soir, on chante beaucoup dans les cafés: chanson à boire ici, Lili Marleen là, l'humeur est à la bière dans le sud de la France. Atmoshère permissionnaire et ambiance de jour de fête. La petite ville de Pyrénées grouille d'uniformes de toute sorte, du treillis à la tenue militaire, plus seyante pour les charmes de la ville. Et le père Schadt, l'aumônier militaire, prêche sur le terrain de football: "Les gars, nous jouons avec et pour la vie. Notre Vierge Marie est l'entraîneur et Dieu est le président." (Pèterinage à Lourdes, été 1994.)

Grands groupes d'édition et de presse

L'ambiance lourdaise contraste avec la profonde crise d'identité et de structure de l'Eglise catholique. La survie e l'Eglise française est assurée par les milliers d'écoles privées catholiques - on en dénombre près de 10.000 - et les grands groupes d'édition et de presse qui comptent 500 titre et réalisent n chiffre d'affaires de près de 300 million euro par an. Si, en 1946, le tiers des Français se rendait à la messe du dimanche, lis n'étaient plus qu'a peine 8 % en 1991. Et les 1.400 candidats à la prêtrise de la fin de la Seconde Guerre mondiale ne sont plus qu'une centaine aujourd'hui. Atmosphère de fin du monde dans une République où, de'Atlantique aux rives du Rhin, les vieilles cathédrales se dépeuplent pour apparaître comme de coûteux vestiges d'une culture à la dérive. Pourtant, dans toute son histoire, Lourdes a touijours été un révélateur des bouleversements du monde chatholique.

Aujourd'hui, subrepticement, elle est devenue un fief du fondamentalisme clérical. Tout à fait l'esprit de l'arche- vêque de Paris, Mgr. Jean-Marie Lustiger, "Les Lumières ont donné naissance au totalitarisme, en divinisant la raison humaine. Une Eglise qui se disloque elle-même sous l'effet de l'esprit des Lumières ne peut pas sauve le monde. S'il existe un décalage entre l'elite et le peuple, il y a risque de fracture."

Baptisez les foetus avortés

Rome et Saint-Siège, la reconquête de l'Europa par le catholicisme - Lourdes et ses conséquences. Sur le parvis de la basilique, dix femmes enceintes venues de Tou- louse attendent de pouvoir entrer. "Baptisez les foetus avortes et enterrez-les religieusement, Monseigneur", peut-on lire sur leurs banderoles. Derrières elle se pressent une cinquantaine d'hommes, tous membres des commandos anti-avortement. Depuis des mois, ils font les gros titres. Surtout, ils ont la morale officielle des cardinaux de leur côté. A Grenoble, en octobre dernier, le père Gérard Calvet s'est même enchaîné avec huit de ses adeptes à des lits de la clinique uni-versitaire de la Tronche. Lorsque, en janvier dernier, cd bénédictin et ses adeptes ont été condamnès à 800 Euro d'amende, il était clair que l'archevêque de Paris paierait. De toute façon, la peine de prison a été prononcée avec sursis. (France 1995).

Mgr. Jacques Gaillot, l´évêque d'Evreux

Jamais, en France, l'Eglise catholique 'a été aussi déchirée, aussi paralysée, aussi menacée de scission, Non au divorce, non à la contraception, non à l'avorte- ment, non au mariage des prêtres , non à l'ordination de femmes. Mais oui à l'exclusion de ceux qui veulent insuffler une nouvelle force de vie au catholicisme d'aujourd'hui et lui rendre ainsi une certaine crédibilité. Mgr. Jacques Gaillot, l'évêque d'Evreux démis de ses fonctions par le pape en janvier 1995, a décidé de se joindre aux exclus du pays, les SDF, les malades du sida, les chômeurs, ceux qui dépendent de l'aide sociale.

Il y a longtemps que le nom de Gaillot est devenu, pour les chrétiens, synonyme de la division: l'Eglise qui se vit au quotidien: 50.000 personnes se sont rendues à Evreux il y a six mois: plus de 100.000 ont signé des petitions contre l'exclusion de Mgr. Gaillot, parce qu'il était présent, "la où, mal-heureusement, en tant qu'Eglise, on ne nous trouve pas souvent": "Vivre l'Evangile" était, pour lui, plus important que les messes, processions et autres pèlerinages mystiques. Cependent, Mgr. Gaillot ne pouvait pas deviner que les cardinaux de France s'etaient déja mis d'accord, un an après sa nomination en 1985, pour inciter le pape à le démettre de ses fonctions d'évêque d'Evreux. A l'époque, Mgr. Gaillot était le seul évêque français à s'être prononcé contre la désision de la conférence épis- copales: "Assurer öa paix grâce à la dissuasion nucléaire". Une décision qui fut prise à la basilique de Lourdes.