Dienstag, 25. April 1995

Première Dame de France - Elle osa franchir des frontières - Danielle Mitterrand



































Alors que le tapage retentissant fait autour de Sarkozy-Bruni dans la presse de boulevard actuelle nous amène à nous souvenir du dé- part discret de la scène publique de Danielle Mitterrand, (*1924+2011) de 1981 à 1995 Première Dame de France, et de loin par rapport à celles qui l'ont précédée depuis Napoléon. Avec sa fonda- tion "France Libertés", "elle a aidé dans le monde entier des Hommes privés de droits, sous-alimentés, mourant de faim, menacés par les guerres ou par le virus du Sida. Du point de vue de la classe dominante française , elle fut la "Cen- drillon" de la nation. Et pourtant, l'épouse de François Mitterrand (*1916+1996) a bien plus provoqué que toutes celles qui l'ont pré- cédée voire lui ont succédé jusqu'à maintenant.
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Frankfurter Rundschau
25. Avril 1995
de Reimar Oltmanns
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Quand il s'agit de l'importance de la "Grande Nation", de son rayonnement, de sa gloire, Danielle Mitterrand parle à mi-voix. Un ton qui surprend, traduisant pres- que de l'ennui. "Dans le monde politique, beaucoup d'hommes vaniteux sont hantés par le mythe du pou- voir hérité d'années révolues, comme si nous vivions encore en monarchie. Ils tolèrent seulement des épouses décoratives comme signes de leur charitable bien- veillance, mais pas de femmes qui s'engagent pour les droit de l'Homme et donc aussi pour arracher les droits des femmes. Cela me fait mal ...".
PALAIS DE CHAILLOT
Elle est debout à la fenêtre, au dernier étage du "Palais de Chaillot", place du Trocadéro à Paris. Elle n'a pas élu domicile au Palais de l'Eysée, la résidence du Président avaec ses 395 pièces et ses quelques mille figurants, mais dans les bureaux de l'organisation "France-Libertés" qu'elle a créée en 1986. Un engagement contre la terreur, la violence, le racisme et la misère dans le monde: bien entendu la France comprise. Ce qui pour Danielle Mitterrand signifie "lutter sur un front pour les femmes, c'est s'engager pour les exclus et les sans-droits." Dans les bureaux de "France-Libertés", des collaboratrices - dans leur majorité de jeunes femmes - reçoivent les appels au secours en provenance de la Turquie, d'Irak, d'Algérie, de Bosnie, Téchétchénie ou de Chine. Ce sont toujours les mêmes récits alarmants: torture, assasinat, viols ou extermination partout où régne une sorte d'état d'exception quotidien.
PLUS DE 60 PAYS
Et parmi ces collaboratrices s'active une femmes petite, menue, avec presque une voix de petite fille, une femme qui refuse d'endosser un rôle de chef "parce que nous sommes égales, de la même opinion dans le groupe, voilà." Depuis sa création, "France-Libertés" est engagée dans plus de 60 pays , le budget de fonctionnement est assuré par un capital de basede base de 27 millions de francs (4,12 millions d'euro) et par les dons.
PAS ENVIE DE FAIRE DES MANIÈRES
En France, ce n'est pas un secret que Danielle Mitter- rand n'a jamais ressenti le besoin de se soumettre aux manières du protocole, ce qui jusqu'alors était courant pour l'épouse d'un Président. Elle en rit et me dit briève- ment à ce sujet: "Perte de temps, en partie un manque de goût,de toutes façons superflu. O ne s'installe pas à l'Elysée par fatuité, mais on ne peut y être tout au plus qu'un outil pour une cause."
RÉSISTANCE
En 1944, Danielle Gouze a épousé son François. Elle était la fille d'un directeur d'ecole athée et franc-maçon. Ce qui les réunit ce fut la Résistance contre l'occupant allemand et la vision d'une France plus juste, socialiste. Cela paraît aujourd'hui presque oublié, mais François Mitterrand a gagné les élections en 1981 grâce à la promesse de reáliser cette France. 18 mois plus tard, il ne prononçait plus de telles paroles. Dorénavans, son vocabulaire préféré c'etait ordinateur avec la haute technologie, centrales nucléaires, TGV et le "minitel". La terminologie d'un changement radical de sa pensée. Il y a longtemps que le Président avait pris congé de "l'union de la Gauche". - Désormais, il recherchait le caractère symbolique d'un Charles De Gaulle (*1980+1970), était en particulier amateur de constructions monumentales qui prouveraient l'intemporalité de son mandat.
JE SUIS UNE SOCIALISTE
Dans le proche entourage de celui-ci, Danielle faisait partie des quelques personnes qui se dressaient contre ce changement bizarre de ce "monarque issu des urnes". - "Mais il est Mitterrand, je suis une socialiste ", disait-elle souvent, un peu gênée et sans qu'on le lui demande. Il y avait longtemps que le couple était séparé. François avait sa vie parallèle de couple avec l'histo- rienne d'art Anne Pingeot, quai de Branly à Paris. Ils sont en commun leur fille Mazarine, âgée de 20 ans. Tels des accessoires, les plantons de la "Garde Répu- blicaine" assuraient, immobiles et avec une conscience aigue de leur devoir, la garde de son véritable apparte- ment rue de Bièvre. - Secret d'Etat.
AIMER LES FEMMES COMME DES FLEURS
A l'inverse de l'Allemagne et avant tout des pays anglo-saxons, dans la France romane, les secret d'alcôve, les flirts prolongés, les liaisons durables avec ainsi des enfants adultérins, sont des tabous. Surtout lorsqu'il s'agit d'inscrire dans l'acte de naissance comme père biologique un homme haut-placé du monde de la poli- tique, de l'économie, de l'administration. Le rôle de l'homme comme soutien de famille est devenu un dogme en apparence inébranlable. En outre, la République compte dans ses rangs en tout environs 1,2 millions d'enfants naturels. Cependant, le chemin de la carrière est pavé de cachotteries dans la nébuleuse de la bien- séance sociale. De plus, parmi les hommes des cerles parisiens huppés, seuls les "meilleurs chasseurs passent pour être dignes d'accès à la promotion convoitée qui réside dans le titre de "PDG" ("Président Directeur Géné- ral"). Et François Mitterrand s'est toujours complu dans le rôle d' "homme à femmes" - un discret séducteur de la République. A un journal féminin, il confia: "Aimer les femmes, c'est comme aimer les fleurs".
L'ÈRE MITTERRAND
Maintenant, c'est en fait un homme marqué par le cancer qui prend congé de son pouvoir, de la politique, de sa vie. Et pendant le choeur marquant la fin de "l'ère Mitterrand", "il ose délibérément se montrer au restau- rant parisien "Le Divellec", rue de l'université, en com- pagnie de sa fille illégitime Mazarine dont la ressem- blance avec lui est flagrante. En définitive, il s'agissait de fêter avec des amis l'admission de celle-ci à l'Ecole Normale Supérieure. Des photos et des reportages faits en cachette, par le trou de la serrure. - Un coup de tonnerre dans la France des hommes, "Toute la société machiste trembla, "écrivit sur un ton sarcastique le journal satirique "Charlie Hebdo".
COALITION D'HOMMES - MORALE D'HOMMES
On peut comprendre que Valéry Giscard d'Estaing, le prédécesseur conservateur libéral de Mitterrand trouvât "regrettables" de telles indscrétions de toute évidence programmées. On peut aussi comprendre que le ministre gaulliste de l'intérieur Charles Pasqua se soit montré "profondément choqué" et que le chef des socia- listes Henri Emmanuelli ait pesté contre un "coup bas absolu". La phalange des hommes unie en France dans une grande coalition ou bien un combat des sexes à la française. Seule Danielle Mitterrand , en réalité l'épouse concernée, resta tout à fait sereine. "Si nous étions tous plus francs dans nos relations, nous nous épargnerions ces effets lubriques du voyeurisme dûs á une double morale sociale. François et moi, nous avons encore beaucoup à nous dire."
LONGTEMPS LA PREMIÈRE DAME
Que Danielle Mitterrand se soit éloignée de son mari, personne n'en a vraiment eu connaissance en France. Il a lieu concrètement à huis-clos. Par contre l'ancienne relieuse de livres est depuis longtemps "la première Dame de France", bien plus que toutes celles qui l'ont précédée. De l'ère de Napoléon III jusqu'à celle Charles de Gaulle comprise.
TIERS-MONDE
Elle aura fait politiquement bien plus bouger de choses dans le Tiers-Monde, sera intervenue d'une façon bien plus ciblée dans la politique que beaucoup d'hommes accrédités du "corps diplomatique "ou que générale- ment les politiques de France.
ADIEU DANIELLE
"Adieu, Danielle, on ne t'aimait pas particulièrement, mais on avait déjà du respect pour toi" écrivait le maga- zine "L'Evénement du jeudi". Particulièrement frais était cet adieu - précisément emphatiques apparurent par contre les lignes écrites sur le renouveau supposé au travers de Marie-Josèphe Balladur comme pro- chaine "Première Dame" à la cour de la République. Il n'y a aucun doute que Madame Balladur figure dans la droite ligne des Premières Dames de l'Etat français. L'ordre des classes sociales du passé et que l'on croyait disparu vit une renaissance inattendue. "Quand je serai à l'Elysée, "avoue-t-elle franchement, "plus d'une chose va changer profondément. Bienséance, morale et valeurs sont plus que jamais à l'ordre du jour". En délimitant ansi le terrain, elle sait que, à Chamonix dans les Alpes elle n'aura pas, en tant qu'héritière d'entreprise, que la grande bourgeoisie à ses côtés. Dans la vie quotidienne, madame accorde beaucoup d'attention à deux prin- cipes. Les enfants Balladur doivent dire "vous" à leur père, et elle veille avec une précision rigoureuse à ce que son époux, "Doudou", ne prenne pas trop de poids lorsqu'il passe un peu de le temps devant la cheminée familiale. La France à l'heure des changements!
DES DAMES DES LA HAUTE SOCIETE
Cela inclut la philosophie des castes: C'est une tradition bien ancrée dans la classe supérieure française - Les femmes doivent tout d'abord se présenter comme accessoires décoratifs de leur maris. Des habits 'soit-disant de rêve, donnent la ligne sociale, le château de Versailles constitue l'arrière-plan chargé d'emotions, quand il s'agit de représenter avec précision des moments de l'existence républicaine. Que se soit Yvonne de Gaulle , qui se laissait appeler familièrement "Tante Yvonne" ou bien la distante Aymone Giscard d'Estaing, avec leur féminité tournée vers l'harmonie et la famille, les grand hommes de la France ont su soigner leurs apparences. Que ce soit lors du thé ou dans des expo- sitions d'art - il y avait toutes les fois des nouvelles à se chuchoter.
CHANEL, DIOR, CARDIN
Les maisons de couture Chanel, Dior, Cardin ont axé leurs créations sur les décolletés des dernières décennies, à chaque fois on accordait une place de prestige aux dames de la Heute - plus précisément à leurs vêtements prestigieux issus de la "Haute Couture " dans le musée parisien de la mode. En outre, la nation française est fière d'avoir réalisé une révolution pour l'égalité de tous les citoyens -mais surtout pas pour les femmes en poli- tique. Cela reste une affaire d'hommes. Cette "mentalité de chefs" accorde aux femmes tous les privilèges imagi- nables ; mais celui d'avoir des Droits reconnus sur le plan légal ? Il n'y en avait pas avant et il n'y en aura pas au cours de ces années de renouveau.
L'INSOUMISE
Il va de soi qu'avec de tels clichés sur la femme, Danielle Mitterrand entrera dans les annales de la classe domi- nante française comme l'épouse déconcertante, querel- leuse d'un homme politique, celle qui ne voulait pas se soumettre à la cour cérémonieuse des hommes. Dans son bureau à "France Libertés ",il y a des photos, des masques ou des tableaux d'artistes naifs, ce que Danielle Mitterrand a rapporté de ses voyages dans le Tiers-Monde quand elle se rendait dans des centres de soins pour malades du SIDA en Afrique, auprès de sans-abris à Dacca ou des enfants des rues de Manille. Elle s'est particulièrement d´´evouée au peuple kurde. Elle a échappé en 1992 dans le territoire kurde en Irak de justesse à un attentat lorsqu'une bombe a explosé. Sept personnes ont trouvé la mort.
UNE DIPLOMATIE PARALLELE
"Est-ce que je suis française ou kurde ? je ne le sais plus", disait-elle à son retour à Paris. L'ont accompagnée dans son voyage des tonnes et des tonnes de nourriture et de médicaments : La femme du Président accom- pagnant des caisses de ravitaillement.Ce sont des scènes qui traduisaient la rude affirmation de soi dans ces années où il fallait consciemment transgresser les règles, affronter l'élite établie du pouvoir français qui avait l'habitude de s'en tenir à des ambitions de commerce extérieur et à une diplomatie policée en qui concerne la politique étrangère.Il y eut de heurts entre le quai d'OIrsay et Madame.Il s'agissait toujours des mêmes divergences. La France vendait des armes ou des cen- trales nucléaires -bien sûr déclarées comme aide au développement.
HILLARY CLINTON ./. OLGA HAVEL
Que ce soit en Chine, en Amérique Latine ou aussi au Maroc - Depuis longtemps la dérangeante Danielle Mitterrand y avait développé sa diplomatie parallèle en ce qui concerne les Droits de l'Homme. Le domaine qui lui était imparti : dans la fraîche ambiance des récep- tions officielles, il fallait motiver des épouses d'hommes politiques comme Hillary Clinton ou aussi Olga Havel pour créer un réseau en ce qui concerne la société civile ou des droits de l'Homme. Elle n'a cessé d'agacer, ce qui amena le député agullisate Eric Raoult à exiger de "mettre fin aux agissements de cette socialiste violente."
LA MARSEILLAISE
Mais elle n'a pas seulement passé les frontières sur le plan géographique. Danielle Mitterrand voulait aussi changer le texte de l'hymne national français. Le ton comme le contenu de "La Marseillaise " étaient pour elle trop "guerriers" , en particulier des paroles comme "ces soldats qui viennet égorger nos fils et nos compagnes " et "que leur sang impur abreuve on sillons". Tout ceci la dérangeait. Bien sûr,une tentative sans issue, mais cela corresppondait à son identité. " J'en ai assz d'être promenée comme bagage du Président, d'inaugurer gentiment les chrysanthèmes et d'être la représentante de la mode parisienne. Pendant toute ma vie j'ai eu une jupe plissée et un pullover pour l'hibvrer et une autre jupe plissée et un autre pullover pour l'été", c'est ce qu'elle assénait en public.
IMAGE PLEINE DE TRENDRESSE DE LA METROPOLE
C'est précisément au cours de cette anée du départ que Danielle Mitterrand s'est encore retrouvée dans une situation d'exception. Une opération du coeur l'a contrainte à prendre plus de repos ,de calme - à s'accorder des instants de retour sur soi ,d'évoquer des questions d'une ère qui se termine. Depuis son bureau, elle jette un regard tendre sur la métropole dans ce mois qui précède l'élection présidentielle de nombreuses affiches immenses représentant des hommes ; plus de quatre millions de mètres carrés de bureaux vides, mais qui ne tolère aucun gamin traînant dans les rues. Celui qui n'a pas d'argent, est chassé de ce Paris toiletté, hypermoderne des vieux et nouveaux riches, est chassé dans la banlieue que l'on ne montre pas, chassé vers la périphérie sociale, ce qui existe peu dans d'autres capitales occidenbtales. Là ,où selon le candidat à la Présidence-Jacques Chirac " les odeurs et le bruit font penser à des familles d'immigrés ".
PASSEPORT EUROPÉEN
Sur la table de Danielle Mitterrand, il y le document de base pour la diskussion lors de sa dernière réunion de la journée, il va être question dzu passeport européen contra le rasisme. Il y a seulement quelques semaines à Marseille, le Comorien Ibrahim Ali, 17 ans, a été victime d'un coup de feu tiré dans le dos par des militants du "Front National" de Jean-Marie Le Pen au cours de la campagne des présidentielles. Alors que j'avais déjà pris congé d'elle, elle me lance: " Qui n'agit pas, com- ment un crime. Avec France-Libertés je vais lutter jusqu'à en tomber".

Freitag, 24. März 1995

Première Dame, die riskierte, Grenzen zu überschreiten























Der fortwährend schrille Bruni-Sarkozy-Boulevard inFrankreich der Neuzeit lässt an den lautlosen Abgang der Danielle Mitterrand erinnern, die länger Première Dame de la France (1981-1995) war als jede ihrer Vorgängerinnen seit Napoleon III. Mit ihrer Menschenrechts-Organisation "France Libertés" half Danielle Mitterrand (*1924+2011) weltweit entrechteten, unterernährten, hungernden, von Kriegen oder vom tödlichen Aids-Virus bedrohten Menschen. Aus Sicht der französischen Oberschicht war sie ein ungeliebtes "Aschenputtel" der Nation. Dabei hatte die Ehefrau von François Mitterrand (*1916+1996) mehr bewegt als jede ihrer Vorgänger- und wohl auch Nachfolgerinnen bis zum heutigen Tag.

Wochenzeitung FREITAG, Berlin
vom 24. März 1995
von Reimar Oltmanns


Leise spricht Danielle Mitterrand, wenn es um die Bedeutung der "Grande Nation" - ihren Glanz, Grandeur und Glorie geht. Auffallend leise, fast gelangweilt. "In vielen eitlen Politik-Männern dieser Tage", befindet sie lakonisch, "da spuckt noch der Macht-Mythos ver- blichener Jahre, als lebten wir noch in einer Monarchie. Sie dulden nur schmückende Ehefrauen als Insignien gütiger Nächstenliebe, aber keine Frauen, die sich für einklagbare Menschen- und damit auch für Frauen- rechte einsetzen. Das schmerzt mich...".

Sie steht am Fenster im obersten Stockwerk des "Palais de Chaillot" am Pariser Trocadéro. Nicht etwa im Elysée-Palast, dem Amtssitz des Präsidenten mit seinen 395 Räumen und knapp tausend Komparsen, hat sie ihr Domizil, sondern in den Büroräumen der von ihr 1986 gegründeten Menschenrechtsorganisation "France Libertés" - Engagement gegen Terror, Gewalt, Rassis- mus und Elend in der Welt; Frankreich wie selbstver- ständlich inbegriffen. Was für Danielle Mitterrand soviel heißt wie "an einer Front der Frauen zu kämpfen, für die Ausgeschlossenen und Entrechteten einzutreten". In den Büros von "France Libertés" ereilen die über- wiegend jungen Mitarbeiterinnen Notrufe aus der Türkei, dem Irak, Algerien - aus Bosnien, Tschetsche- nien oder China. Immer wieder sind es die gleichen Alarmberichte: Folter, Mord, Vergewaltigungen oder Ausrottung dort, wo so etwas wie ein alltäglicher Ausnahmezustand herrscht.

IN ÜBER 60 LÄNDERN

Und mittendrin agiert eine kleine zierliche Frau mit fast mädchenhafter Stimme, die es ablehnt, eine Chefrolle wahrzunehmen, "weil wir eine Gruppe von Gleichbe- rechtigten und Gleichgesinnten sind, voilà." In über 60 Ländern ist "France Libertés" mittlerweile engagiert, der dafür erforderliche Haushalt wird aus dem Grund- kapital von 27 Millionen France (4,12 Millionen Euro) und Spenden abgedeckt.

KEINE LUST AUF ARTIGKEITEN

Es ist in Frankreich kein Geheimnis, dass Danielle Mitterrand nie Lust verspürte, sich protokollarischen Artigkeiten zu unterwerfen, wie sie für die Gattin des Präsidenten bis dahin üblich waren. - Sie lacht darüber und erklärt mir zu diesem Thema knapp: "Zeitver- schwendung, teilweise geschmacklos, auf jeden Fall überflüssig. Man lässt sich doch nicht selbstgefällig im Elysée nieder, dort kann man allenfalls ein Werkzeug sein."

Geheiratet hatte Danielle Gouze ihren François im Jahr 1944. Sie war die Tochter eines atheistischen Schul- direktors und Freimaurers. Sie einte die Résistance gegen die deutschen Besatzer, die gemeinsame Vision von einer gerechteren, einem sozialistischen Frankreich. Es scheint heute fast vergessen, aber im Jahre 1981 gewann François Mitterrand die Wahlen mit dem Versprechen, dieses neue Frankreich gestalten zu wollen. Schon 18 Monate später kam ihm dergleichen nicht mehr über die Lippen. Nunmehr gehörten Computer samt Hochtechnologie, Kernkraftwerke, TGV-Schnellzüge und das Bildschirmtextgerät "Minitel" zu seinem Lieblingsvokabular - die Terminologie eines fundamentalen Sinneswandels. Längst hatte der Präsident die "Union der Linken" verabschiedet - fortan suchte er die Symbolik eines Charles de Gaulles (*1890+1970), ganz besonders war er in monumentale Bauten verliebt, die das Unvergängliche seiner Amtszeit zu dokumentieren vermochten.

STAATSGEHEIMNIS: PARALLEL-HAUSHALT

Danielle gehörte in seiner engsten Umgebung zu den wenigen, die sich dieser bizarren Wendung des "Wahl- monarchen" entgegenstemmten, "Aber er ist Mitterrand, ich bin Sozialistin", sagte sie oft ein wenig verschämt und ungefragt. Die Ehe war längst auseinander. François lebte in einem präsidialen Parallelhaushalt mit der Kunsthistorikerin Anne Pingeot am Pariser "Quai Branly" zusammen. Mit ihr verbindet ihn auch die gemeinsame z1wanzigjährige Tochter Mazarine. Ein reines Staffagen-Dasein fristeten die Bewacher der "Garde Républicaine", die stets ungerührt und pflichtversessen seine eigentliche Wohnung in der "Rue de Bièvre" bewachten. - Staatsgeheimnis.

FRAUEN WIE BLUMEN LIEBEN

Im Gegensatz zu Deutschland und vor allem den angel- sächsischen Staaten sind im romanischen Frankreich in der Öffentlichkeit außerhäusige Bettgeschichten, längere Amouren, dauerhafte Zweisamkeiten und damit auch uneheliche Kinder geradezu tabu. Vornehmlich dann, wenn es den Namen eines hochgestellten Mannes aus Politik, Wirtschaft oder Verwaltung als Erzeuger auf dem Geburtsschein einzutragen gilt. Zu sehr ist die fami- liäre Daseinsfürsorge der Männer zu einem scheinbar unanfechtbaren Dogma geworden. Dabei weiß die Re- publik insgesamt etwa 1,2 Millionen uneheliche Kinder in ihren stolzen Reihen. Nur Heimlichtuereien pflastern den Karriere-Weg im Dunstkreis des gesell- schaftlichen Anstands. Dabei gelten doch auch unter den Männern des Pariser Etiketten-Milieus nur die "besten Jäger" als förderungswürdig für den erhofften Aufstieg, der sich im Kürzel "PDG"("Président Directeur Général") nennt. Und François Mitterrand gefiel sich schon immer in der Rolle des "homme à femme" - als diskreter Frauenheld der Republik. Einer Frauen-Zeitschrift bekundete er: "Frauen lieben, das ist wie Blumen lieben."

URKNALL - EIN TÖCHTERCHEN

Tatsächlich nimmt nun ein vom Krebs gezeichneter Mann Abschied - von seiner Macht, von der Politik, von seinem Leben. Und während des Schlusschorals für die "Ära Mitterrand" wagt er es wohlbedacht, sich mit seiner ihm verblüffend ähnlich sehenden illegitimen Tochter Marzarine im Pariser Restaurant "Le Divellec" in der "Rue de l'Université" zu zeigen. Schließlich galt es, mit Freunden ihre Aufnahme in die Elite Hoch- schule "Ecole normale supérieure zu feiern. Heimlich geschossene Fotos und Reportagen aus der Schlüssel-loch-Perspektive - ein Urknall im Frankreich der Männer. "Eine ganze Macho-Gesellschaft zitterte", schrieb die Satire-Zeitung "Charly Hebdo" mit hämischen Unterton.

MÄNNER-BÜNDE - MÄNNER-MORAL

Verständlich, dass derlei von Mitterrand offenkundig beabsichtigte Indiskretionen sein Vorgänger, der liberal- konservative Valéry Giscard d'Estaing, "bedauerlich" fand. Verständlich auch, dass sich der gaullistische Innenminister Charles Pasqua "tief schockiert" zeigte und Sozialistenchef Henri Emmanuelli gar von einem "absoluten Tiefschlag" wetterte. Frankreichs Männer-Phalanx in einer Großen Koalition vereint oder Geschlechterkampf auf französisch. Nur Danielle Mitterrand, die eigentlich betroffene Ehefrau, blieb ganz gelassen. Sie äußerte frohgemut: "Wären wir alle ehrlicher miteinander, es blieben uns diese lüsternen Schlüsselloch-Effekte einer gesellschaftlichen Doppel- moral erspart. François und ich, wir haben uns noch sehr viel zu sagen."

ADIEU DANIELLE

Von Danielle Mitterrands Abschied an der Seite ihres Mannes mag so eigentlich niemand in Frankreich Kenntnis nehmen. Er findet praktisch unter Ausschluss der Öffentlichkeit statt. Dabei ist die einstige Buch- binderin länger die "Première Dame de la France" gewesen als alle ihre Vorgängerinnen - Napoléon III. und die Ära Charles de Gaulle eingeschlossen.

Sie wird politisch in der Dritten Welt mehr bewegt, gezielter in die Innenpolitik eingegriffen haben als so manche dere berufenen Münder des "Corps diploma- tique" oder die politischen Klassen Frankreichs überhaupt.

"Leb wohl, Danielle, man mochte Dich nicht besonders, aber Respekt hatte man schon vor Dir", schrieb lediglich das Magazin "L'événement du jeudi". Merklich unter- kühlt war dieses "Adieu" - geradezu emphatisch er- schienen dagegen die Zeilen über den vermeintlichen Neubeginn mit Marie-Josèphe Balladur als der künftig "Ersten Dame" am Hofe der Republik. Zweifels- frei steht Madame Balladur in einer nahtlosen Konti- nuität großen Frauen des französischen Staates. Vergangene, verschollen geglaubte Standes-Regularien erleben eine ungeahnte Renaissance. "Wenn ich im Elysée bin", gesteht sie freimütig, "wird sich so manches gewaltig ändern. Anstand, Moral und Werte sind heute gefragter denn je." Wird das Terrain so vermessen, dann weiß sie im heimatlichen Chamonix in den Alpen als Fabrikerbin nicht nur das Großbürgertum an ihrer Seite. Im Alltag achtet Madame streng auf zwei arg vernachlässigte Vorgaben. Die Balladur-Kinder haben ihren Vater in der "Sie-Form" anzusprechen, und sie überwacht mit peinlicher Genauigkeit, dass ihr Ehe- mann, der "Doudou", nicht zuviel zunimmt, wenn er einmal Zeit für den häuslichen Kamin hat. Frankreich in Wendezeiten!

DAMEN AUS DER OBERSCHICHT

Das schließt die Kasten-Philosophie ein: Es ist einge- gerbte Tradition der französischen Oberschicht - Frauen haben sich zuvörderst als Schmuckstück ihres Mannes darzustellen. Sogenannte Traumkleider weisen die gesellschaftliche Richtung, das Schloß von Versailles bildet den emotionsgeladenen Hintergrund, wenn es sich um stilsichere Momentaufnahmen republikanischer Daseinsbewältigung handelt. Hießen sie nun Yvonne de Gaulle, die sich "Tante Yvonne" umschmeicheln ließ, oder war es die unnahbare Anne-Aymone Giscard d'Estaing - mit familien- und harmoniebetonter Weiblichkeit wußten Frankreichs Große Männer ihren Staat zu machen. Ob beim Teekränzchen oder auf Kunstausstellungen - geflüsterte Neuigkeiten gab es allemal.

CHANEL, DIOR, CHARDIN

Die Modehäuser Chanel, Dior, Chardin schufen ihren Blickwinkel auf feminine Wirklichkeitsaus-schnitte der letzten Jahrzehnte, wobei den Vorzeige-Damen stets ein gebührender Platz eingeräumt wurde - genauer gesagt ihren Prestige-Kleidern aus der "Haute Couture" im Pariser Mode-Museum. Dabei ist die französische Nation so unendlich stolz darauf, einen Umsturz im Sinne der Gleichheit aller Staatsbürger erlebt zu haben - nur nicht für die Frauen in der Politik. Das bleibt Männer-Sache. Diese "Herren-Mentalität" gesteht den Frauen alle nur erdenklichen Privilegien zu, aber ein- klagbare Rechte? Die gab es früher nicht und die soll es auch in den kommenden Jahren des konservativen Neubeginns nicht geben.

Es versteht sich, bei diesen Klischees dürfte Danielle Mitterrand als eine unberechenbare, zänkische Politiker-Gemahlin in die grob gefrästen Annalen der franzö- sischen Oberschicht eingehen, die sich so ganz und gar nicht dem höfischen Zeremoniell der Männer fügen wollte. In ihrem Büro bei "France Libertés" hängen Bilder, Fotos, Masken oder Gemälde von naiven Malern, die Danielle Mitterrand von ihren Reisen in Staaten der Dritten Welt mitgebracht hat, wenn sie zu Aids-Stationen in Afrika, den Obdachlosen von Dacca oder den Straßenkindern von Manila unterwegs war. Mit besondere Hingabe hat sie sich stets nach dem kur- dischen Volk gewidmet. Im irakischen Kurdengebiet entging sie 1992 nur knapp einem Attentat, als eine Autobombe explodierte. Sieben Menschen fanden den Tod.


FRANZÖSIN ODER KURDIN ?

"Bin ich Französin oder Kurdin? Ich weiß es nicht mehr", sagte sie bei ihrer Rückkehr nach Paris. Tonnen um Tonnen an Nahrung und Medikamenten schickte sie auf die Reise: Die Gattin des Präsidenten als Flugbe- gleiterin gleich neben den Kisten. Szenen kräfte- zehrende Selbstbehauptung in den Jahren der bewußt riskierten Regelverletzungen, des Affronts gegen Frankreichs etablierte Machteliten, die sich an Export-Ambitionen und eine flankiernde Außendiplomatie zu halten pflegen, wenn es um die Dritte Welt ging. Es krachte zusehends heftiger zwischen den Außen- politikern am Quai d'Orsay und Madame. Immer wieder waren es dieselben Interessenkonflikte. Frankreich verkaufte Waffen oder Atomkraftwerke - natürlich als Entwicklungshilfe deklariert.


HILLARY CLINTON MIT OLGA HAVEL

Ob in China, Südamerika oder auch in Marokko - die unliebsame Danielle Mitterrand hatte längst ihre Paralleldiplomatie in Sachen Menschenrechte aufge- baut. Ihr blieb es vorbehalten, auf höflich unterkühlten Staatsempfängen Politiker-Frauen wie Hillary Clinton oder auch Olga Havel zu einem Netz- werk in puncto Zivilgesellschaft und Bürgerrechte zu motivieren. Sie blieb das stete Ärgernis, woraus schon 1990 der gaullistische Abgeordnete Erich Raoult die rigide Forderung ableitete, dieser "Brachialsozialistin" müsse "das Handwerkzeug genommen weden".

LA MARSEILLAISE

Aber ihre Grenzüberschreitungen ließen sich nicht nur geografisch verfolgen, Danielle Mitterrand wollte auch den Text der französischen Nationalhymne erneuern. Diktion wie Inhalt der "Marseillaise" waren ihr zu "kriegerisch", besonders Formulierungen von den "brüllend wilden Soldaten, die unsere Söhne und Frauen erwürgen und "deren Blut unsere Ackerfurchen tränkt" störten ihr Empfinden. Natürlich ein aussichts- loser Vorstoß, aber es entsprach ihrem Selbstver- ständnis. "Ich habe es satt, wie ein Paket des Präsi- denten herumgeschoben zu werden, artig Chrysan- themen-Shows zu eröffnen und die Pariser Mode zu repräsentieren. Mein ganzes Leben hatte ich einen Faltenrock und einen Pullover für den Winter und einen anderen Faltenrock und ein T-Shirt für den Sommer", konnte sie in aller Öffentlichkeit poltern.

WEICHBILD DER METROPOLE

Ausgerechnet in diesem Jahr des Abschieds ist Danielle Mitterrand noch zusätzlich in eine unerwartete Aus- nahmesituation geraten. Eine Herzoperation zwang sie, sich mehr Ruhe und Muße zu verordnen - sich Momente der Besinnung zu gönnen, der Fragen an eine sich schon auflösende Ära.

Von ihrem Büro läßt sie den Blick herabgleiten auf das Weichbild der Metropole, die im letzten Monat vor der Präsidentenwahl viele bunte, überlebensgroße Männer-Plakate und über vier Millionen Quadratmeter leer- stehende Bürofläche kennt, aber keine Schmuddel- kinder mehr duldet. Wer kein Geld hat, der wird aus diesem hypermodern herausgeputzten Paris der Alt- und Neureichen in die kaum vorzeigbaren Vorstädte, an die soziale Peripherie vertrieben wie in kaum einer anderen westlichen Hauptstadt. Dort, wo nach den Wahr- nehmungen des Präsidentschaftskandidaten Jacques Chirac schon "die Gerüche und der Lärm" auf viele Einwandererfamilien schließen lassen.


EUROPÄISCHER PASS

Auf ihrem Schreibtisch liegt das Gesprächskonzept für ihren letzten Termin an diesem Tag, es wird um den "Europäischen Paß gegen Rassismus" gehen. Erst vor wenigen Wochen ist der siebzehnjährige Komorer Ibrabim Ali in Marseille von Wahlhelfern der rechts- radikalen "Front National" des Jean-Marie Le Pen während einer Kundgebung zur Präsidentschaftswahl von hinten erschossen worden.

Als ich mich schon verabschiedet habe, ruft sie mir noch hinterher: "Wer nicht handelt, begeht ein Verbrechen. Ich werde mit France Libertés kämpfen, bis ich umfalle..."





Sonntag, 22. Januar 1995

Kulturkampf ums Kopftuch




















"Kopftuch-Feuilleton" geriet unversehens zum Schleier- krieg zweiter Welten in Umbruchszeiten. Religionsstreit auf Französisch: Im Land der Laicité - der Trennung von Kirche und Staat - ist in öffentlichen Schulen kein Platz für Glaubensbekenntnisse oder religiöse Symbole. Die Furcht vor einer "neuen arabischen Moral" macht Pädagogen zu Rausschmeißern und Tschador- Mädchen zu Märtyrerinnen. Zerreißproben. Verschleierte Töchter als Speerspitze gegen westliche Lebensformen.Der Grund: das Kopftuch-Verbot an staatlichen Institutionen. Imame hatten flächendeckend eine "Kopftuchpflicht" angeordnet. In manchen Gegenden Frankreichs ist die Welt der Moslems bereits erlebte Wirklichkeit. - Umbruch-Zeiten

Hessische/Niedersächsiche Allgemeine,
Kassel
vom 22. Januar 1995
von Reimar Oltmanns

Das französische Städtchen Nantua mit seinen viertausend Einwohnern liegt in einem der Jura-Täler im Südosten des Landes. Hoch ist die einheimische Arbeitslosigkeit, groß sind die Betriebsverluste der Kunststoff-Industrie im französischen "Plastik-Tal". Als Großkonzerne einstige Familien-Firmen aufkauften, brachten moderne Manager sogleich ihre eigenen Arbeitskräfte mit: Frauen aus den maghrebinischen Billiglohnländern Nordafrikas.


WIMPERN UND AUGENLIDER GESCHWÄRZT

Sie kamen in Bussen, meist im Morgengrauen - und vorsichtshalber unauffällig gleich direkt an die Fabriktore gefahren. Galt es doch für entlassene französische Arbeiter Tatsachen zu schaffen, Proteste im Keim zu ersticken.

Das kleinstädtische Innenleben schien den Belastungen wirtschaftlicher Umbruchprozesse halbwegs standzuhalten, auch wenn die rechtsradikale Front National bei den letzten Wahlen 30 Prozent der Stimmen holte. Sorgsam verdeckte Risse einer multikulturell verordneten Zuversicht. Bis zu jenem Tag wenigstens, an dem die Kopftücher kamen, als die "neue arabische Moral" im Gewand des "Tschador" oder Schleiers ihren sichtbarsten Ausdruck bekam.

Und Nantua ist überall in Frankreich, wo der Kulturkampf gegen arabische Islamisten gerade erst begonnen hat. Wo der Schule abermals gesellschaftlich Ungelöstes überantwortet wird. Ob Drogenhandel, Schülergewalt, Bandenkriege, Erpressung oder auch das neuerliche Sendungsbewusstsein der Imame.

Sie heißen Fatima, Leila oder auch Samira. Es sind lebenslustige 17jährige Mädchen. Nur ihr Äußeres signalisiert Fremdheit. Und das selbst in Schulen, die 1.200 Schüler mit fünfzehn Nationalitäten kennen. Ein dunkles Tuch verhüllt ihre Gesichter, Wimpern und Augenlider sind mit Kohle geschwärzt. Der Schleier als erkennbares islamisches Merkmal kultureller Ungleichheit der Geschlechter, mithin als Symbol unterdrückter Frauen, polygame Zwangsehen, Beschneidung, körperliche und seelische Gefangenschaft, Unterwerfung, Schläge ... "Allah wird es schon richten", heißt es da am Gymnasium Xavier Bichart zu Nantua. "Ich will mein Kopftuch immer behalten, das verlangt meine Religion", bekunden junge Mädchen am großen Schulgitter auch ungefragt. Texte, wie die vom gottlosen Voltaire, wollen sie in der Französisch-Stunde auch nicht mehr lesen.

MOSLEMBRÜDER ALS LEIBWÄCHTER

Ihre Moslem-Brüder, die sie wie Leibwachen zum Unterricht begleiten und auch wieder abholen, hören es gern. Nur ihr türkischer Iman zu Nantua kann solchen Bekennermut nicht mehr vernehmen. Er wurde kurzerhand des Landes verwiesen, weil er nur die koranischen, aber nicht die französischen Gesetze respektieren wollte.

Ob Fatima, Leila oder Samira - sie wurden in Frankreich geboren, haben die französische Staatsbürgerschaft und sprechen meist nur Französisch. Ihre Eltern zog es in den 70er Jahren wirtschaftlicher Expansion in die Fremde, als Hunderttausende aus dem nördlichen Afrika als Billigarbeiter kamen - mit viel Hoffnung und oft einer Wellblechhütte oder Bretterbude als Endstation.

KOPFTÜCHER ALS FOLKLORE

Frankreichs Einwanderungspolitik beruhte in ihrem Wesenskern immer darauf, dass sich die Zugereisten immer anpassten. Ganz gleich welcher Hautfarbe, ganz gleich von welchen fernen Kontinenten - Kinder der Einwanderer verinnerlichten in der Schule den Lehrsatz als wichtigstes Gebot: "Unsere Vorfahren, die Gallier." Gewiss gab es auch in früheren Jahren schon verhüllte Kopftuch-Mädchen an den Schulen. Damals wurden sie als "folkloristische Farbtupfer" empfunden. Vor zehn Jahren konnte noch nach einer 1981 vereinbarten Konvention ein Marokkaner auch in Frankreich seine marokkanische Frau ohne Gerichtsverfahren nach seinem Gutdünken verstoßen. Mittlerweile hingegen lösen derlei offensive Charaktere arabischer Kulturen im Land der Franzosen vielerorts ein "nationales Psychodrama" aus, so die Pariser Tageszeitung Le Monde. "Es ist nicht leicht, das Feuer zu löschen, wenn die Seele brennt."

Mit vier bis sechs Millionen Moslimen rangiert der Islam inzwischen vor etwa 800.000 Protestanten und 750.000 Juden in der französischen Republik. Religionsexperten vermuten gar, dass es inzwischen mehr praktizierende Muslime als Katholiken gibt. Immerhin leben in Frankreich ebenso viele Muslime wie im Libanon und Libyen zusammen an Einwohnern zählen.

MODERNE APARTHEID

Gewandelt hat sich das ehemals entspannte Klima der Menschen untereinander - gewandelt haben sich die politischen Ausgangspositionen. Da war der Golfkrieg mit französischen Militäreinsatz, da tobt in Algerien - ehemals französische Kolonie - ein barbarischer Bürgerkrieg mit 30.000 Toten zwischen radikalen islamischen Fundamentalisten und einer weltlich eingestellten Militärdiktatur. Da leben Tausende und Abertausende Eingewanderte in 400 Trabantenstädten vor sich hin - ohne Arbeit, ohne reelle Ausbildungschancen und mit einer Lebensperspektive aus in Beton gegossenen "Kaninchenställen". Eben ein abgelegte Vorort-Volk aus Elend, Resignation, Isolation und im ständigen Kleinkrieg mit der Polizei. Im modernen Sprachgebrauch: "urbane Apartheid".

WESTWÄRTS VON ALLAH

Mehr als 700.000 der französischen Arbeitslosen sind unter 25 Jahre alt. Hunderttausende haben keinen Schulabschluss, keine Berufsausbildung. Sie alle ahnen , dass der Zug längst endgültig an ihnen vorbei gefahren ist. Gewaltexplosionen. Den "beurs", den in Frankreich geborenen nordafrikanischen Einwandererkindern, bleibt reichlich wenig. Keine gesellschaftliche Anerkennung, kein Modellversuch der Integration.

"Die Araber sind zerrissen zwischen zwei kulturellen und sozialen Welten", schrieb der Soziologie-Professor Francois Dubet. "Sie wollten die neue übernehmen ohne ihre alte Identität zu verlieren, sich verändern und sich zugleich treu bleiben." Ihr Ausweg? Gefängnis oder neuerdings verstärkt der Imam. "Radio Beurs" und "Radio Orient" senden täglich Gebetsstunden - freitags direkt aus Mekka. Über 48 Prozent der Maghrebiner verneigen sich laut Umfragen täglich. Sinnsuche in Frankreich, westwärts von Allah.

Das ehedem bespöttelte "Kopftuch-Feuilleton" geriet unversehens zum Schleierkrieg zweier Welten in fragilen Umbruchzeiten. Ein Kopftuch markiert den Trennungsschnitt entgegengesetzter Kulturen. In ihrem allseitigen Präsenzgebaren hatten die Imame - obwohl der viel beschworene Koran dies nicht zwingend vorschreibt - ihren Frauen längst flächendeckend "Kopftuch-Pflicht" verordnet: als Widerstand gegen die westliche Welt mit ihrer konsumorientierten Demokratie samt Feminismus, als Widerstand in Frankreich gegen die algerischen Militärs, Widerstand gegen Razzien, gar Internierung islamischer Fundamentalisten. - Verschleierte Töchter als Speerspitze ... ...

In manchen Gegenden Frankreichs ist die Welt der Moslems bereits erlebte Wirklichkeit. In der Stadtregion Lille-Toucoing-Roubaix im äußersten Norden etwa, da ist Schweinefleisch in den Einzelhandels-Geschäften nur unter dem Ladentisch zu haben, wird offiziell in den Bars zwar Wein oder ausgeschenkt, ist in Wirklichkeit aber nicht zu haben. Angst. Naheliegend, dass in solchen Landstrichen mit einer maghrebinischen Bevölkerung von 53 Prozent der Schleierkrieg begann und sodann in weitere Provinzen hineingetragen wurde.

TOLERANZGRENZEN

Es blieb Erziehungsminister Francois Bayrou vorbehalten, "die Toleranzgrenze" der Gesellschaft aufzuzeigen. Unter Berufung auf die verfassungsmäßige Trennung von Kirche und Staat untersagte der katholische Politiker in seinem Erlass vom September 1994, religiöse Symbole mit auffälligen Merkmalen an staatlichen Schulen zur Schau zu stellen - Kopftuch-Verbot. Als vor etwa fünf Jahren der Streit ausbrach, der seither auch Gerichte beschäftigt, verschleierten sich rund 1.200 muslimische Schülerinnen im ganzen Land. Jetzt werden Töchter islamischen Glaubens, die sich trotz des Ministers Verdikt mit ihrem "Hedschab" schmücken, kurzerhand der Schule verwiesen. Ob in Lille, Paris, Marseille oder Nantua - Lehrer aus Rausschmeißer, Tschador-Mädchen als Märtyerinnen. Ratlosigkeit unter Frankreichs Pädagogen. Von der Politik "missbraucht" fühlen sie sich allemal. "Was wird aus den Mädchen, wenn wir sie verstoßen müssen?", fragten erregt Schuldirektoren. Keiner weiß es. Achselzucken ist die Reaktion.

Dabei war es der Erziehungsminister selbst, der als früherer UDF-Abgeordneter derlei "Ausgrenzungsmaßnahmen" als "pädagogisch sinnlos" und für "die Integration schädlich" bezeichnete. Schließlich ist der Islam längst zur zweitwichtigsten Religion Frankreichs geworden.

Tatsächlich hat der Kopftuchstreit verwirrend an Eigendynamik gewonnen. Islamische Konfessionsschulen bahnen sich in der Republik von "Freiheit, Gleichheit, Brüderlichkeit" ihren unaufhaltsamen Weg. Derweil päppelt der Staat den Katholizismus als Gegenmodell. Schon jetzt zählt Frankreich 10.000 katholische Privatschulen aus klerikal feudaler Vergangenheit, die neuerdings von den Regierung konservativen Zuschnitts bevorzugt in der Ausstattung bedacht werden.

Im Angebot jener Bildungseinrichtungen nehmen die Vermittlung moralischer Maßstäbe und mehr französische Kultur im traditionellen Sinne breiten Raum ein. Aber selbst dort wackeln schon sicher gewähnte Fundamente des Abendlandes. Sagte doch Pater Max Cloupet, Generalsekretär der katholischen Schulen: "Wir schließen keine Muslime von unserem Schulalltag aus, nur weil sie sich auch äußerlich zu ihrem Glauben bekennen."






Samstag, 21. Januar 1995

Kein Sinn für Après-Ski






































Die bäuerliche Atmosphäre in den Pyrenäen lockt immer mehr Wintersportler an. In der Gebirgsoase von Font-Romeu versuchen Bewohner Ski-Tourismus mit Umweltschutz in Einklang zu bringen. An den Winterabenden wird es dort sehr früh still - dort droben in behaglichen Skihütten.


die tageszeitung, Berlin
vom 21. Januar 1995
von Reimar Oltmanns

Schon seit mehr als acht Jahrzehnten schlängelt sich ein kleiner gelber Bummelzug mit 30 Stundenkilometern am Berghang der französischen Pyrenäen entlang durch die winterliche Skiregion um Font Romeu. Irgendwie scheint die Zeit dort oben in jenen Gebirgsoasen stehen geblieben zu sein. Fernab vom industriellen Skizirkus Frankreichs dieser Jahre hechelt eine betagte Kokslok mit ihren Winterurlaubern vorbei an verwunschener Fassadenpracht vergessener Hotelpaläste.

Als die Schmalspurbahn im Jahre 1911 in ihrer dreistündigen Fahrt die ersten Passagiere von 415 auf 1.592 Meter hoch liegende Plateaus beförderte, da wurde der Skizug noch als Triumph der Technik gefeiert. Heute hingegen mag in den Pyrenäen wohl niemand mehr über weitere Naturzerstörungen im Sinne des Massen-tourismus frohlocken.

FRÜHERER GLANZ DES FIN DE SIÈCLE

Seltsam bizarr sortiert sich hier noch scheinbar gesellschaftlich Überlebtes aus dem früheren Glanz des Fin de Siècle - Atmosphären vor dem Gipfelglück. Die Dörfer im Dreiländereck Frankreich, Spanien und Andorra mit ihren massiven, auch mittel-alterlichen Häusern kennen keine Hektik. Niemand, so will es scheinen, mag für Skier, Schlepplifte und Schlitten umsatzträchtige Schlagzeilen inszenieren. Eine in sich zurückgezogene Beschaulichkeit darf in den Pyrenäen noch ungestraft vor sich hindösen - noch.

Dafür trotzt der Charme der Belle Époque den hastigen Zeitläuften dezente Existenz-berechtigung ab. Skulpturen oder auch Säulen entblättern verblasste Reminiszenzen an eine Ära, als die Pyrenäen noch der diskrete Schauplatz der Romantiker waren.

FEDERBETT ZU GEWINNEN ... ...

Victor Hugo, Heinrich Heine und Königin Hortense grüßen fortwährend aus jenen Backsteinen; Hinweisschilder als Spurensicherung sozusagen. Und in den Dörfer kündigen unbeirrt noch Plakate den ereignisreichen Lottoabend an, bei dem es nunmehr einen Mikrowellenherd, einen Schinken oder wie eh und je ein Federbett zu gewinnen gilt.

Überhaupt erinnert das Hochgebirge der Pyrenäen an der französisch-spanischen Grenze mit seinen vom Atlantik bis zum Mittelmeer reichenden 430 Kilometer langen Hauptkamm so manchen älteren Zugereisten an die Berge im Herzen Europas. An die Alpen, wie sie einst vor 2o oder 30 Jahren einmal ausgesehen haben. Nämlich an jene Epoche, in der es noch keine in den Wald geschlagenen Schneisen, keine betonierten Hänge, keine mit Planierraupen zurechtgewalzten Abfahrpisten - eben Riesenabfahrten, Traumabfahrten - gab; aber auch noch keine konturlose Hotelkonglomerate , einfallslose Ferienhauslawinen - vom Touristenmüll und den obligaten Autostaus einmal ganz zu schweigen.

DAS FRANZÖSISCHE KANADA


Von der Öffentlichkeit zunächst nur halbherzig zur Kenntnis genommen, haben sich die Pyrenäen indes mit ihrem umweltbedachten Familiensinn ganz allmählich aus ihrem stiefschwesterlichen Schattendasein der Alpen befreien können. Der Besucher weiß sich in einer rauen, von Gämsen bevölkerten Bergszenerie mit forellenreichen Seen, weiten Tannen-, Rotfichten-, Buchen- und Ulmenwäldern - die Pyrenäen werden auch das "französische Kanada" genannt.

"Noch Ende der sechziger Jahre hab es hier in den Pyrenäen mehr Kühe als Einwohner", erinnert sich René Bouscail, seines Zeichens Bürgermeister des Dorfes Les Angles. Früher wollte er Ortsvorsteher seiner Region geradewegs den Rücken kehren, weil es außer Schweinezucht oder Holzwirtschaft kaum Arbeit gab. Heute jedoch gibt der Bürgermeister Skikurse, organisiert Bergwanderungen.

"Nur an den Winterabenden", fährt er fort, "wird es früh still bei uns. Auf diese entrückten Après-Ski-Sektschlüfereien legt hier niemand großen Wert. Die Pyrenäen haben unsere Gastfamilien einfach zu müde gemacht", sagt René Bouscail verschmitzt.

DREITAUSEND SONNENSTUNDEN IM JAHR

Tagsüber führen die Pisten vorbei an tobenden Sturzbächen, zwischen spalier-stehenden Schwarzfichten und Buchen hindurch. Überhängende Felswände, ein Fluss, der sich in Kaskaden tief durch den Kalkstein sägt, nicht gezackt wie in den Alpen, sondern hingeklotztes Urgestein - das sind die unverkennbaren Naturmerk-male der Pyrenäen. Auf 1.800 Meter Höhe liegt der Luftkurort Font-Romeu mit seinen 3.200 Einwohnern und mehr als 3.000 Sonnenstunden im Jahr. Auf der Hochebene weicht der Wald vor riesengroßen, über 1.000 Kilometer weiten Langlaufgebieten zurück.

Bisher hatte sich Font-Romeu als Kurort für Atemwegserkrankungen einen Namen gemacht. Unterdessen renovierten Bauern ihre früheren Stallungen, bauten sie zu Ferienwohnungen um. Und das exakt zu einem Zeitpunkt, zu dem die Anziehungs-kraft der Alpen zusehends auffälliger verloren geht. Bekanntlich sind die Berg-schutztäler dort aufs höchste gefährdet: Die Lawinengefahr nimmt zu, Hänge kommen ins Rutschen, und Täler gelten als teilweise unpassierbar.

Unverkennbar deutet sich unter Frankreichs Wintersporturlaubern ein Trendwandel an. Gesucht wird wieder das idyllische und bäuerlich strukturierte Dorf inmitten einer noch intakten Landschaft. Etwa die Pyrenäenregion um Font-Romeu. Sie verfügt über 32 Skilifte, 460 Schneekanonen, 40 Pisten und 52 Kilometer für den alpinen Ski. Verständlich, dass die Besucherzahl in den winterlichen Pyrenäen um 20 Prozent auf etwa 80.000 Wintersportler nach oben schnellt.

Verständlich aber auch, dass Henry Tontom Raymond vom Touristenbüro in Font-Romeu ein wenig sorgenvoll in die Zukunft blickt. Er bedeutet: "Viele Urlauber kommen jetzt auf einmal zu uns, weil sei den weißen Industriemüll in den Alpen satt haben. Wir aber müssen höllisch aufpassen, dass wir nicht dieselben unverzeihlichen Fehler machen. Sonst sind auch unsere Berge kaputt."

Ökologischer Schneeurlaub

Vorsorglich basteln touristische Zukunftsplaner schon beizeiten an einem neuen, einprägsamen Winterprofil für die Pyrenäen - dem naturverträglichen, ökologischen Schneeurlaub.

Autofrei müssen demnach Dörfer und Skigebiete sein. Die beiden höchsten Gipfel wurden rechtzeitig schon unter Naturschutz gestellt. Und in Font-Romeu setzen zudem 10.000 Solarzellen zur Gewinnung von Sonnenenergie ein markantes Signal des Umweltbewusstseins. Touristenmanager Henry Tonton Raymond bemerkt: "So viele Urlaubermassen wollen wir hier auch gar nicht haben. Schon jetzt sind wir praktisch ausgebucht. Und bei jeder Neuerung haben wir zuallererst unsere Berge zu fragen, ob sie es noch mitmachen wollen. Skispektakel hin oder her - ohne ihr Wohlbefinden gedeiht nichts mehr."






























Samstag, 12. November 1994

Les femmes de la Résistance: Lutte, victoire - oubli




















































Des miliers de Françaises - comme celles- ci - représenté es sur la photo prise 1944 dans l'Alsace libérée - furent actives dans la Résistance contre la force d'occupation allemande. Cinquante ans après la fin de la guerre, seulement peu de personnes se souviennent de la résistance féminine. Cependant, la victoire n'a jamais été que le seul fait des hommes, dit Jeanne Moirod, 89 ans (*1905+1997), d'Oyonnax à la frontière suisse. Elles ont lutté, tiré, posé des bombes, elles furent arrêtes, violées - torturée par la Gestapo.
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Tagesspiegel, Berlin
12. novembre 1994
Reimar Oltmanns
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L'actualité fait ressurgir les batailles d'autrefois, mais maintenant elles sont menées par des messieurs grisonnants. La France célèbre le cinquantième anniversaire de la Libération, de sa propre libération de la domination des nazis allemands.
La France se souvient volontiers de sa résurrection comme "Grande Nation" ce qui doit faire oublier ces années sombres de la collaboration française avec l'Allemagne nazie. Nul autre pays que la France du milieu des années 90 ne revit avec un tel sentiment de honte et d'impuissance et une telle précision obsédante, la période de l'Occupation, donc du Régime de Vichy. En Allemagne, l'ère d'Après-Guerre semble prendre fin- chez notre voisin la France par contre on a l'impression que le travail sur ces années de terreur a seulement commencé.
L'ARTERE PRINICIPALE DE LA RÉSISTANCE
Oyonnax, petite ville industrielle pittoresque avec ses 23.000 habitants est située au sein des montagnes du Jura, dans le sud-est de la République. C'est ici dans le maquis inaccessible de cette région du Jura que battait l'artère de la Résistance française.
Aujourd'hui - comme jadis en 1943 - d'anciens résistants défilent au travers des ruelles tortueuses pour arriver sur la place de la vieille poste et commémorer leurs morts; à l'époque, il y avait aussi des femmes. Depuis - 50 ans plus tard - les Françaises de la Résistance ont apparamment disparu de la scène. Peu de personnes dans la population française peuvent - cinq décennies plus tard - encore se souvenir du fait que ce sont précisément "les femmes résistantes" qui furent l'échine de ces expéditions de libération. Sans les dizaines de milliers de femmes qui acheminaient les armes, étaient agents de liaison ou voire même compagnons de lutte au sein d'un groupe de sabotage, la République ne pourrait quasiment pas revendiquer pour elle ses propres actions militaires de libération. Un résultat auquel la France, dans l'Après-Guerre, accorda politiquement sa place méritée au sein des Alliés.
600.000 FRANÇAISES - LES FEMMES RÉSISTANTES
Au sein de la Résistance, les femmes se sont battues, ont pris armes, posé des bombes, elles furent arrêtees. violées, comme porteuses d'informations torturées avec une cruauté particulière par la Gestapo. Et partout on les a oubliées. Mais ce sont précisement ces femmes qui ont vaincu aux côtés des hommes. Au début de la Guerre, 600.000 Françaises étaient membres du Comité des femmes contre le fascisme. Parmi les trois mille agents agents de l'Alliance Gaulliste, il y a avait 70 femmes. Et au camp de concentration de Ravensbrück 'les trois-quarts des 7.000 détenues françaises revendiquèrent leur appartenance à la Résistance.
CHEZ DES DAMES D'UN CERTAIN AGE
Dans une coquette petite maison de la rue Diderot à Oyonnax, des dames d'un certain âge se retrouvent régulièrement pour une tasse de café chez "notre Jeanne ", comme elles disent . La résistance des femmes françaises était quotidienne , jamais spectaculaire. Ells s'appellent Pépette, Lisette ou aussi Andrée. Elles ont de 70 à 90 ans. Elles sont d'origine différente, elles ont des opinions divergentes. Jeanne , 89 ans, fut dans sa vie une trotzkiste, la sympathie d'Andrée , 71 ans, alla après la guerre vers les Gaullistes. Mais ces femmes assises autour de la table ont quelque chose en commun :le combat qu'elles ont vécu, traversé ensemble contre les occupants allemands - et ceci au sein de la Résistance.
En réalité ce fut aussi une lutte intense contre le traditionnel "rôle des femmes", une sorte d'évasion émancipatrice hors du carcan de leur existence comme femmes au foyer ; au moins provisoirement.Dans la Résistance, certaines Françaises ont vu se réaliser une infime partie de leur vision :être soi-même l'auteur du changement de sa propre vie, ce qu'en France on appelle aussi "révolution culturelle "; il n'y eut par conséquent pas de grades dans la Résistance.
Dans l'état d'exception qu'était celui de l'époque, ce fut une égalité vécue avec les hommes. La Résistante Lucie Aubrac (*1912 +2007) parla avec enthousiasme d'un "changement profond et radical des consciences " suscité par la Résistance ; et aussi d'une "femme nouvelle" qui est née de la Résistance.Ce fut par conséquent le "vécu de la guerre "qui marqua ces femmes d'une façon décisive . Des événements qui font l'objet d'un débat. Ces événements qui actuellement laissent une image un peu jaunie dans les mémoires, mais par contre dont la netteté ne quitte pas les femmes de la Résistance.
MEDAILLE MILITAIRE
En fait, la réunion chez Jeanne autour d'une tasse de café s'avère être plutôt une alliance pour une réalité féminine. Une assemblée de femmes, de vieilles dames qui cherchent toujours à expliquer pourquoi, après la guerre, le pouvoir masculin recommença à marginaliser les femmes. Par contre Jeanne Moirod, 89 ans, ne devrait pas trop se plaindre. Elle compte en effet parmi les rares femmes de la République à avoir obtenu après 1945 la "Médaille de la Résistance " (1.024 hommes et 6 femmes) voire aussi la "Médaille Militaire ".En dépit de cela, c'est peut-être précisément cette femme avec ses hautes décorations qui observe avec recul le comportement des hommes en général. " ce sont des égoistes. La victoire n'a jamais été le seul fait des hommes ,même s'ils créent actuellemnt leurs propres groupes de messieurs et défilent avec tambours et trompettes dans les rues. Les femmes étaient et sont bien trop modestes".
PAS LE TEMPS D'ENTERRER NOS MORTS
Rétrospective : en 1944, plus de 6 millions de personnes étaient sur les chemins de l'exode. Principalement des mères avec leurs enfants traversaient le pays, organisaient péniblement leur survie. Et les Allemands transformaient de plus en plus les camps en forteresses. La France était devenue un pays de femmes.dans le Jura ; les années de Jeanne.
C'est toujours la nuit, pour ne pas être repérée par la Gestapo que cette ouvrière en verrerie, 30 ans à l'époque, se faufilait dans les montagnes du Jura, hors des sentiers ; chaque fois 30 à 40 kilomètres, mal chaussée, mal nourrie, avec comme seul compagnon un pistolet.Le boulanger, le boucher,le curé et aussi l'instituteur avaient déjà été fusillés ensemble par la Gestapo pour " aide au sabotage ". La responsabilité incombait alors à Jeanne seule de trouver dans la montagne des cabanes pour servir de cachettes - et avant tout, d'y acheminer discrètement les camarades.
Et de plus en plus d'hommes venaient rejoindre la Résistance française. Peut-être aussi tout simplement pour ne pas être envoyés au "Service de Travail Obligatoire - STO". Sa maison dans le Jura fut improvisée en plaque tournante de la Résistance dans le Jura. C'est là que les journaux clandestins étaient reproduits, c'est là qu'étaient collectées les adresses conspiratives, que l'on cherchait des lieux de cachette pour les armes et les hommes. C'étrait la maison de Jeanne. Une maison gérée par les femmes.
DES MORTS ET DES LARMES
Jeanne dit " nous n'avions même pas le temps de pleurer nos morts, tant nous étions sur la brèche ". Juste après la guerre, avec tout ces nombreux bâtiments détruits,incendiés,lorsque régnait la misère insupportable, qu'il y avait dans les caves à peine de quoi manger, Jeanne, alors maire-adjointe d'Oyonnax, retroussa à nouveau les manches pour rendre les restrictions moins pénibles. Passage de la résistance dans les montagnes aux ruines dans les villes . Sa collègue Pépette ajoute :"Ce n'est qu'à un âge avancé que nous avons pris conscience de tout. Seulement maintenant nous regardons avec une peur grandissante cette période et trouvons que nous avons eu beaucoup de chance d'en être ressorties vivantes."
DES FRANÇAISES TONDUES
"Dans la Résistance", dit Andrée, "nous sommes devenues des femmes différentes.Et nous avons gardé jusqu'à aujourd'hui cette façon d'être autres". Madame Andrée pointe discrètement le dgoit sur une maison voisine. Là vit une famille dont les parents ont tiré leur revenu de la Collaboration. Ce sont des plaies qui ne veulent pas se cicatriser en France, du moins pour cette génération. C'est par conséquent pour ces femmes "du domaine de l'impossible " que enfants ou petits-enfants entrent par le mariage dans une famille de collaborateurs. Cela ne viendrait à l'idée de personne, parce que tous savent suffisamment "combien nous avons souffert, quelles douleurs il nous a fallu supporter ". C'est assumer le passé à la française.
A la Libération, il y eut 127 000 plaintes pour collaboration,80 000 verdicts furent prononcés;parmi ceux-ci 6.800 condamnations à mort dont 1.500 furent exécutées.
Ce sont des photos avilissantes qui ont fait le tour du monde, se sont gravées dans la mémoire allemande :des femmes tondues"parce qu'elles avaient eu une liaison avec la Gestapo ou aussi des soldats de la Wehrmacht. Andrée, la vieille dame pleure. Son père a été dénoncé par des Français, a été fusillé. Andrée, sa fille resta seule avec ses deux jeunes frères. Elle dut s'occuper des deux et son temps libre c'était : la Résistance.
LA JEUNE GENERATION ET LE PASSE
On peut comprendre aisément que le groupe de résistance remplaçait de plus en plus la famille ; c'était une communauté au sein de laquelle on se jurait solidarité.Le droit de toucher à certains tabous était réservé aux enfants . A savoir cette réticence profond entretenue soigneusement par rapport à la fréquentation des Allemands.Quand la nièce de Jeanne , Pierrette, à seulement 16 ans, voulut aller en Allemagne dans le cadre d'un échange scolaire, la réaction spontanée de Jeanne fut :"T'es devenue folle. Tant que je vivrai , tu n'iras pas dans ce pays. Sache-le ". La jeune fille répondit :" Mais c'est toi qui m'as toujours dit qu'il fallait faire la distinction entre les Allemands et les atrocités des nazis.C'est ce que fait aussi notre professeur d'histoire." Jeanne fut à ce moment-là effrayée de voir que, sans réfléchir, elle transmettait à la jeune génération de vieilles images hostiles. Et elle répondit brièvement :"C'est vrai, beaucoup de choses ont changé,vas-y". Depuis, sa nièce Pierrette est mariée avec un Allemand de Francfort. Quand ,au sein du cercle d'anciens Résistants, Jeanne parle de Pierrette et de son mari Erich, elle a souvent sur le bout de la langue la remarque suivante,pour ainsi dire comme justification "Il n'a pas fait l'armée et il confectionne de bons gâteaux au chocolat".
DES CIMETIERES - et TOUJOURS DES CIMETIERES DE SOLDATS
Des jours tristes de novembre dans les cimetières de France, aussi dans les cimetières de soldats. Moments de commémoration. Des fanfares de partout. Tous les ans, le 11 novembre, jours férié commémorant l'armistice de la Première Guerre Mondiale ,des femmes âgées,anciennes résistantes comme Jeanne , continuent à se rendre sur la tombe de leurs grands-pères , pères et fils morts à la guerre. L'année dernière, elles sont allées pour la première fois à Dagneux, où se trouve le cimetière allemand, à l'est de Lyon: C'est là que reposent 20.000 soldats tombés au cours des deux Guerres Mondiales. Les anciennes résistantes venues d'Oyonnax ont commémoré les morts des deux pays.
Il y a une chose que beaucoup d'anciennes Résistantes ne peuvent et ne veulent pas admettre.Lorsque le 14 juillet 1994, pour la première fois, des troupes allemandes ont défilé à nouveau sur les Champs Elysées dans le cadre de l'Eurocorps", des souvenirs traumatisants furent réveillés. Plus d'une personne a éteint son téléviseur. "C'est sûr", dit Jeanne,"L'Allemagne et la France sont enfin des partenaires. Mais, nous, on ne peut pas oublier "

Gekämpft, gesiegt - vergessen, verstorben



















































Tausende von Französinnen - wie auf dem Foto 1944 im befreiten Elsass - waren aktiv im Widerstand gegen deutsche Besatzungsmacht. Fünfzig Jahre nach Kriegsende erinnern sich nur wenige an die weibliche Résistance. Dabei war der Sieg niemals männlich, sagt die 89jährige Jeanne Moirod (*1905+1997) aus Oyonnax an der Schweizer Grenze. Sie haben gekämpft, geschossen, Bomben gelegt, wurden verhaftet, vergewaltigt - von der Gestapo gefoltert.

Tagesspiegel, Berlin
vom 12. November 1994
von Reimar Oltmanns


Die Schlachten von einst wurden aus aktuellem Anlass nochmals geschlagen: nunmehr gemächlichen Schrittes von ergrauten Herren. Frankreich zelebriert die fünfzigjährige Gedenkfeier der Befreiung und Selbstbefreiung von deutscher Nazi-Herrschaft.

Frankreich erinnert sich gern seiner Wiederauferstehung als "Grande Nation", die jene dunklen Jahre auch der französischen Kollaboration mit dem nationalsozialistischen Deutschland vergessen machen soll. Kein anderes Land durchlebt Schmach und Ohnmacht der Besatzungszeit mit seinem Vichy-Regime erneut mit solch selbstquälerischer Genauigkeit wie Frankreich inmitten der neunziger Jahre. In Deutschland mag die Nachkriegs-Ära zu Ende gehen - im Nachbarland Frankreich hingegen scheint die Aufarbeitung jener Schreckensjahre erst begonnen zu haben.
BUSCHWALD

Das pittoresk anmutende Industriestädtchen Oyonnax mit seinen 23.000 Einwohnern liegt im Dickicht des Jura-Gebirges im Südosten der Republik. Hier im unzulänglichen Buschwald dieser Region Haut Jura pulsierte einst die Hauptader des französischen Widerstands.
FRAUEN VERGESSEN
Heute ziehen - wie damals im Jahr 1943 - ehemalige bewaffnete Widerstandskämpfer demonstrativ durch dieselben verwinkelten Gassen auf den Platz zur alten Post um ihrer Toten zu gedenken. Seinerzeit waren auch kämpfende Frauen dabei. Mittlerweile - nach 50 Jahren - sind die Französinnen der Résistance scheinbar spurlos von der Bildfläche verschwunden. Kaum jemand in der französischen Öffentlichkeit kann sich noch fünf Jahrzehnte danach daran entsinnen, dass gerade "les femmes résistantes" das eigentliche Rückgrat jener Befreiungsfeldzüge waren. Ohne die Zehntausenden von Frauen als Waffenbeschafferinnen, Verbindungsagentinnen oder auch als kämpfende Kameradinnen einer Sabotagegruppe - die Republik könnte militärischen Eigenleistungen der Libération wohl kaum für sich beanspruchen. Ein Ergebnis, das Frankreich politisch einen gebührenden Platz unter den Siegermächten der Nachkriegs-Ära einräumte.
7.000 FRANZÖSINNEN INTERNIERT
Die Frauen im Widerstand, sie haben gekämpft, geschossen, Bomben gelegt, sie wurden verhaftet, vergewaltigt, als Informationsträgerinnen von der Gestapo besonders grausam gefoltert. Und sie wurden allenthalben vergessen. Gerade diese Französinnen aber haben mit den Männern obsiegt. Zu Kriegsbeginn gehörten allein 600.000 Französinnen dem Komitee der Frauen gegen den Faschismus an. Unter den dreitausend Agenten, der gaullistischen Alliance waren 700 Frauen. Und im Konzentrationslager Ravensbrück bekannten sich drei Viertel der 7.000 internierten Französinnen zur Résistance.
KUCHENTAFEL ÄLTERER DAMEN
In einem schmucken Häuschen in der Rue Diderot zu Oyonnax treffen sich neuerdings ältere Damen regelmäßig zu einem Kaffeekränzchen bei "unserer Jeanne", wie sie sagen. Alltäglich war der Widerstand französischer Frauen, unspektakulär allemal. Sie heißen Pépette, Lisette oder auch Andrée. Sie sind zwischen 70 und 90 Jahre alt. Unterschiedlich ist ihre Herkunft, gegen-sätzlich sind ihre politischen Anschauungen. Die 89jährige Jeanne war Zeit ihres Lebens Trotzkistin, die 71jährige Andrée freundete sich nach dem Kriege mit den Gaullisten an. Aber eines verbindet die Damen an der Kuchentafel - ihr gemeinsam erlebter, durchlittener Kampf gegen deutsche Besatzer - und das in der Résistance.
AUSBRUCH
Tatsächlich war es auch ein intensives Gefecht gegen die traditionell zementierte Frauenrolle, eine Art emanzipatorischer Ausbruch aus ihrem umzäunten Hausfrauen-Dasein - zeitweilig zumindest. Im Widerstand wurde für manche Französin ein Quäntchen ihrer Vision Wirklichkeit: das eigene Leben selbstständig zu verändern, in Frankreich auch "Kulturevolution" genannt. Bei der Résistance gab es folglich keine Dienstgrade.
KRIEGSERLEBNISSE
Es war gemeinsam mit den Männern erlebte Gleichberechtigung in dieser Ausnahme-Epoche. Ihre Résistance-Kollegin Lucie Aubrac (*1912+2007) sprach sogar euphorisch von der "tiefen und radikalen Bewusstseinsentwicklung durch den Widerstand - auch "von einer neuen Frau", die aus der Résistance entstanden sei. Mithin sind es Frauen-Kriegserlebnisse früherer Jahre, die die Damen entscheidend prägten; Geschehnisse, die des Gesprächs noch bedürfen - augenblicklich scheinbar vergilbte Ereignisse, die die Résistance-Frauen in ihrer Tiefenschärfe nicht ruhen lassen.
MÄNNER-MACHT
In Wirklichkeit offenbart sich die Kuchentafel bei Jeanne zudem als ein femininer Daseins-Verbund. - Eine Frauen-Gemeinschaft alter Damen, die noch fortwährend nach Deutungen dafür sucht, warum nach dem Kriege Frankreichs Männer-Macht die Frauen erneut an die gesellschaftliche Peripherie verbannte. Dabei dürfte sich eigentlich die 89jährige Jeanne Moirod kaum beklagen. Zählt sie doch zu den seltenen Frauen der Republik, die nach 1945 die "Medaille der Résistance" (1.024 Männer und sechs Frauen), gar die "Medaille des Militärs" bekam. Dessen ungeachtet ist es vielleicht gerade die hochdekorierte Frau, die das allseitige Männer-Gebaren beargwöhnt. "Egoisten sind sie. Dieser Sieg war niemals männlich, auch wenn sie jetzt eigene Herren-Gruppen gründen und in den Städten marschierend posaunen. Die Frauen waren und sind einfach viel zu bescheiden."
JAHRE DER JEANNE -
Rückblende: Über sechs Millionen Menschen waren im Jahre 1940 auf der Flucht. Hauptsächlich Mütter mit ihren Kindern schleppten sich durch das Land, organisierten ihr Überleben. Zwei Millionen Männer waren in Gefangenschaft. Und die Deutschen bauten zusehends immer mehr Lager zu Festungen aus. Aus Frankreich war unversehens ein Land der Frauen geworden - im Jura die Jahre der Jeanne.
GESTAPO
Immer nachts, von der Gestapo unbemerkt, schlich die damals 30jährige Hilfsarbeiterin einer Glasfabrik in die unwegsamen Jura-Berge - jedes Mal 30 bis 40 Kilometer, schlecht beschuht, schlecht ernährt, nur mit einer Pistole als Wegbegleiter. Den Bäcker, den Fleischer, den Pfarrer und auch den Lehrer hatte die Gestapo allesamt "wegen Beihilfe zur Sabotage" schon standrechtlich erschossen. Nun lastete auf Jeanne allein die Verantwortung, unbewohnte Berghütten als Versteck ausfindig zu machen - und vor allem, die Kameraden dort auch unbemerkt hinzubringen.
UNTERGRUND
Und es kamen immer mehr Männer, die sich dem französischen Widerstand anschlossen. - Vielleicht einfach auch deshalb, weil sie sich nicht zum Arbeitsdienst nach Deutschland deportieren lassen wollten. Ihr Haus im Ort war unversehens zur Drehscheibe der Résistance im Jura geworden. Hier wurden Untergrund-Zeitungen hektografiert, hier liefen konspirative Adressen zusammen, wurden Schlupfwinkel für Menschen und Waffen ausgesucht. Es war Jeannes Haus - ein Haus in Frauen-Regie.
TOTE UND TRÄNEN
Jeanne sagt: "Wir hatten nicht einmal Zeit, unsere Toten zu beweinen - so sehr stockte der Atem in uns." Gleich nach dem Krieg mit dem vielen zerstörten, nieder gebrannten Gemäuer, als die Not unerträglich daherkam, es keine Wohnungen, kaum Essbares in unseren Kellerverstecken gab, krempelte Jeanne als Vize-Bürgermeisterin von Oyonnax wieder die Ärmel hoch, um die Knappheit zu lindern - vom Widerstand im Gebirge zu den Trümmern in den Städten. "Richtig zur Besinnung", ergänzt ihre Kollegin Pépette, "sind wir erst im hohen Alter gekommen. Erst jetzt fragen wir uns immer ängstlicher, welch ein Glück wir doch an unserer Seite hatten, so heil davon gekommen zu sein."
KAHL GESCHORENE FRAUEN
"Im Widerstand", äußert Andrée, "sind wir andere Frauen geworden. Und dieses Anderssein haben wir uns bis heute bewahrt." Mit einem dezenten Fingerzeig deutet Madame Andrée auf das Nachbarhaus. Dort lebt noch eine Familie, deren Eltern beherzt in der Kollaboration ihr Auskommen suchten. Es sind Wunden, die in Frankreich nicht vernarben wollen; wenigstens in dieser Generation nicht mehr. Folglich ist es für die Frauen ein "Ding der Unmöglichkeit", dass etwa Kinder oder Enkel in eine Kollaborationsfamilie einheiraten. Auch käme niemand auf diese absonderliche Idee, weil sie inzwischen alle hinlänglich wissen, "wie wir gelitten haben, welche Schmerzen es zu ertragen galt". - Vergangenheitsbewältigung auf französisch.
TODESSTRAFEN

Nach dem Kriege wurden 127.000 Kollaborations-Verfahren eingeleitet, 80.000 Gerichtsurteile gesprochen; darunter 6.800 Todesstrafen verhängt, von denen 1.500 vollstreckt worden sind.

Es waren entwürdigende Frauen-Bilder, die um die Welt gingen, die sich vor allem ins deutsche Gedächtnis eingruben: Kahl geschorene Französinnen, die sich mit der Gestapo oder auch Soldaten der Wehrmacht eingelassen hatten. Die alte Dame weint. Ihr Vater wurde von Franzosen verraten, ist erschossen worden. Die Tochter Andrée blieb allein zurück mit ihren zwei kleinen Brüdern. Für beide hatte sie zu sorgen und ihre Freizeit hieß - Widerstand
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FEINDBILDER
Verständlich, dass Résistance-Gruppen zu einer Art Familien-Ersatz gediehen; eben zu einer eingeschworenen Solidargemeinschaft. Es blieb den eigenen Kindern vorbehalten, Tabus anzutasten. Nämlich jene sorgsam gehüteten Vorbehalte im Umgang mit den Deutschen. Als Jeannes erst 16jährige Nichte Pierrette mit einem Schüleraustausch Deutschland besuchen wollte, war Jeannes spontane Reaktion: "Du bist wohl verrückt geworden. Solange ich lebe, fährst du nie in dieses Land, merke dir das!" - Das Mädchen antwortete: "Aber du selber warst es, die mir immer sagte, wir müssen zwischen dem normalen Deutschen und den Gräueltaten der Nazis unterscheiden. Das macht unsere Lehrerin im Geschichtsunterricht schließlich auch." In diesem Moment erschrak Jeanne darüber, wie sie unbedacht alte Feindbilder auf die junge Generation übertrug, unvermittelt weitergab. Und sie antwortete knapp: "Das stimmt schon.Vieles hat sich geändert gehe hin." Zwischenzeitlich ist Nichte Pierrette mit einem Deutschen aus Frankfurt verheiratet. Wenn Jeanne in Widerstandskreisen über Pierrette und ihren Mann Erich spricht, liegt ihr häufig ein Hinweis auf der Zunge - als Rechtfertigung sozusagen: "Er war nicht beim Militär und ist nämlich ein netter Schoko-Bäcker."
FRIEDHÖFE - SOLDATEN-FRIEDHÖFE
Triste November-Tage auf Frankreichs Friedhöfen, auch Soldaten-Friedhöfen. Gedenk-Momente. Fanfarenstöße vielerorts. Jedes Jahr zum 11. November - gesetzlicher Feiertag des Waffenstillstandes im Ersten Weltkrieg - besuchen die betagten Widerstandsfrauen wie Jeanne noch die Grabstätten ihrer im Kriege verlorenen Großväter, Väter und Söhne. Im vergangenen Jahr fuhren sie erstmals auch nach Dagneux - zur deutschen Begräbnisstätte, die östlich von Lyon liegt. Hier fanden 20.000 Gefallene aus beiden Weltkriegen ihre letzte Ruhe. Die Frauen vom Widerstand aus Oyonnax gedachten der Toten beider Länder.
VERGESSEN - NIEMALS

Nur mit einem können und wollen sich viele alte Damen der französischen Résistance nicht abfinden. Als am 14. Juli 1994 erstmals wieder deutsche Truppen im Rahmen des Eurocorps auf den Champs Elysées mitmarschierten, da wurden traumatische Erinnerungen wach. Da haben so manche kurzerhand den Fernseher abgeschaltet. "Sicherlich", sagt Jeanne, "Deutschland und Frankreich sind endlich Partner geworden - vergessen können wir aber nicht."