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Dienstag, 25. April 1995

Première Dame de France - Elle osa franchir des frontières - Danielle Mitterrand



































Alors que le tapage retentissant fait autour de Sarkozy-Bruni dans la presse de boulevard actuelle nous amène à nous souvenir du dé- part discret de la scène publique de Danielle Mitterrand, (*1924+2011) de 1981 à 1995 Première Dame de France, et de loin par rapport à celles qui l'ont précédée depuis Napoléon. Avec sa fonda- tion "France Libertés", "elle a aidé dans le monde entier des Hommes privés de droits, sous-alimentés, mourant de faim, menacés par les guerres ou par le virus du Sida. Du point de vue de la classe dominante française , elle fut la "Cen- drillon" de la nation. Et pourtant, l'épouse de François Mitterrand (*1916+1996) a bien plus provoqué que toutes celles qui l'ont pré- cédée voire lui ont succédé jusqu'à maintenant.
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Frankfurter Rundschau
25. Avril 1995
de Reimar Oltmanns
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Quand il s'agit de l'importance de la "Grande Nation", de son rayonnement, de sa gloire, Danielle Mitterrand parle à mi-voix. Un ton qui surprend, traduisant pres- que de l'ennui. "Dans le monde politique, beaucoup d'hommes vaniteux sont hantés par le mythe du pou- voir hérité d'années révolues, comme si nous vivions encore en monarchie. Ils tolèrent seulement des épouses décoratives comme signes de leur charitable bien- veillance, mais pas de femmes qui s'engagent pour les droit de l'Homme et donc aussi pour arracher les droits des femmes. Cela me fait mal ...".
PALAIS DE CHAILLOT
Elle est debout à la fenêtre, au dernier étage du "Palais de Chaillot", place du Trocadéro à Paris. Elle n'a pas élu domicile au Palais de l'Eysée, la résidence du Président avaec ses 395 pièces et ses quelques mille figurants, mais dans les bureaux de l'organisation "France-Libertés" qu'elle a créée en 1986. Un engagement contre la terreur, la violence, le racisme et la misère dans le monde: bien entendu la France comprise. Ce qui pour Danielle Mitterrand signifie "lutter sur un front pour les femmes, c'est s'engager pour les exclus et les sans-droits." Dans les bureaux de "France-Libertés", des collaboratrices - dans leur majorité de jeunes femmes - reçoivent les appels au secours en provenance de la Turquie, d'Irak, d'Algérie, de Bosnie, Téchétchénie ou de Chine. Ce sont toujours les mêmes récits alarmants: torture, assasinat, viols ou extermination partout où régne une sorte d'état d'exception quotidien.
PLUS DE 60 PAYS
Et parmi ces collaboratrices s'active une femmes petite, menue, avec presque une voix de petite fille, une femme qui refuse d'endosser un rôle de chef "parce que nous sommes égales, de la même opinion dans le groupe, voilà." Depuis sa création, "France-Libertés" est engagée dans plus de 60 pays , le budget de fonctionnement est assuré par un capital de basede base de 27 millions de francs (4,12 millions d'euro) et par les dons.
PAS ENVIE DE FAIRE DES MANIÈRES
En France, ce n'est pas un secret que Danielle Mitter- rand n'a jamais ressenti le besoin de se soumettre aux manières du protocole, ce qui jusqu'alors était courant pour l'épouse d'un Président. Elle en rit et me dit briève- ment à ce sujet: "Perte de temps, en partie un manque de goût,de toutes façons superflu. O ne s'installe pas à l'Elysée par fatuité, mais on ne peut y être tout au plus qu'un outil pour une cause."
RÉSISTANCE
En 1944, Danielle Gouze a épousé son François. Elle était la fille d'un directeur d'ecole athée et franc-maçon. Ce qui les réunit ce fut la Résistance contre l'occupant allemand et la vision d'une France plus juste, socialiste. Cela paraît aujourd'hui presque oublié, mais François Mitterrand a gagné les élections en 1981 grâce à la promesse de reáliser cette France. 18 mois plus tard, il ne prononçait plus de telles paroles. Dorénavans, son vocabulaire préféré c'etait ordinateur avec la haute technologie, centrales nucléaires, TGV et le "minitel". La terminologie d'un changement radical de sa pensée. Il y a longtemps que le Président avait pris congé de "l'union de la Gauche". - Désormais, il recherchait le caractère symbolique d'un Charles De Gaulle (*1980+1970), était en particulier amateur de constructions monumentales qui prouveraient l'intemporalité de son mandat.
JE SUIS UNE SOCIALISTE
Dans le proche entourage de celui-ci, Danielle faisait partie des quelques personnes qui se dressaient contre ce changement bizarre de ce "monarque issu des urnes". - "Mais il est Mitterrand, je suis une socialiste ", disait-elle souvent, un peu gênée et sans qu'on le lui demande. Il y avait longtemps que le couple était séparé. François avait sa vie parallèle de couple avec l'histo- rienne d'art Anne Pingeot, quai de Branly à Paris. Ils sont en commun leur fille Mazarine, âgée de 20 ans. Tels des accessoires, les plantons de la "Garde Répu- blicaine" assuraient, immobiles et avec une conscience aigue de leur devoir, la garde de son véritable apparte- ment rue de Bièvre. - Secret d'Etat.
AIMER LES FEMMES COMME DES FLEURS
A l'inverse de l'Allemagne et avant tout des pays anglo-saxons, dans la France romane, les secret d'alcôve, les flirts prolongés, les liaisons durables avec ainsi des enfants adultérins, sont des tabous. Surtout lorsqu'il s'agit d'inscrire dans l'acte de naissance comme père biologique un homme haut-placé du monde de la poli- tique, de l'économie, de l'administration. Le rôle de l'homme comme soutien de famille est devenu un dogme en apparence inébranlable. En outre, la République compte dans ses rangs en tout environs 1,2 millions d'enfants naturels. Cependant, le chemin de la carrière est pavé de cachotteries dans la nébuleuse de la bien- séance sociale. De plus, parmi les hommes des cerles parisiens huppés, seuls les "meilleurs chasseurs passent pour être dignes d'accès à la promotion convoitée qui réside dans le titre de "PDG" ("Président Directeur Géné- ral"). Et François Mitterrand s'est toujours complu dans le rôle d' "homme à femmes" - un discret séducteur de la République. A un journal féminin, il confia: "Aimer les femmes, c'est comme aimer les fleurs".
L'ÈRE MITTERRAND
Maintenant, c'est en fait un homme marqué par le cancer qui prend congé de son pouvoir, de la politique, de sa vie. Et pendant le choeur marquant la fin de "l'ère Mitterrand", "il ose délibérément se montrer au restau- rant parisien "Le Divellec", rue de l'université, en com- pagnie de sa fille illégitime Mazarine dont la ressem- blance avec lui est flagrante. En définitive, il s'agissait de fêter avec des amis l'admission de celle-ci à l'Ecole Normale Supérieure. Des photos et des reportages faits en cachette, par le trou de la serrure. - Un coup de tonnerre dans la France des hommes, "Toute la société machiste trembla, "écrivit sur un ton sarcastique le journal satirique "Charlie Hebdo".
COALITION D'HOMMES - MORALE D'HOMMES
On peut comprendre que Valéry Giscard d'Estaing, le prédécesseur conservateur libéral de Mitterrand trouvât "regrettables" de telles indscrétions de toute évidence programmées. On peut aussi comprendre que le ministre gaulliste de l'intérieur Charles Pasqua se soit montré "profondément choqué" et que le chef des socia- listes Henri Emmanuelli ait pesté contre un "coup bas absolu". La phalange des hommes unie en France dans une grande coalition ou bien un combat des sexes à la française. Seule Danielle Mitterrand , en réalité l'épouse concernée, resta tout à fait sereine. "Si nous étions tous plus francs dans nos relations, nous nous épargnerions ces effets lubriques du voyeurisme dûs á une double morale sociale. François et moi, nous avons encore beaucoup à nous dire."
LONGTEMPS LA PREMIÈRE DAME
Que Danielle Mitterrand se soit éloignée de son mari, personne n'en a vraiment eu connaissance en France. Il a lieu concrètement à huis-clos. Par contre l'ancienne relieuse de livres est depuis longtemps "la première Dame de France", bien plus que toutes celles qui l'ont précédée. De l'ère de Napoléon III jusqu'à celle Charles de Gaulle comprise.
TIERS-MONDE
Elle aura fait politiquement bien plus bouger de choses dans le Tiers-Monde, sera intervenue d'une façon bien plus ciblée dans la politique que beaucoup d'hommes accrédités du "corps diplomatique "ou que générale- ment les politiques de France.
ADIEU DANIELLE
"Adieu, Danielle, on ne t'aimait pas particulièrement, mais on avait déjà du respect pour toi" écrivait le maga- zine "L'Evénement du jeudi". Particulièrement frais était cet adieu - précisément emphatiques apparurent par contre les lignes écrites sur le renouveau supposé au travers de Marie-Josèphe Balladur comme pro- chaine "Première Dame" à la cour de la République. Il n'y a aucun doute que Madame Balladur figure dans la droite ligne des Premières Dames de l'Etat français. L'ordre des classes sociales du passé et que l'on croyait disparu vit une renaissance inattendue. "Quand je serai à l'Elysée, "avoue-t-elle franchement, "plus d'une chose va changer profondément. Bienséance, morale et valeurs sont plus que jamais à l'ordre du jour". En délimitant ansi le terrain, elle sait que, à Chamonix dans les Alpes elle n'aura pas, en tant qu'héritière d'entreprise, que la grande bourgeoisie à ses côtés. Dans la vie quotidienne, madame accorde beaucoup d'attention à deux prin- cipes. Les enfants Balladur doivent dire "vous" à leur père, et elle veille avec une précision rigoureuse à ce que son époux, "Doudou", ne prenne pas trop de poids lorsqu'il passe un peu de le temps devant la cheminée familiale. La France à l'heure des changements!
DES DAMES DES LA HAUTE SOCIETE
Cela inclut la philosophie des castes: C'est une tradition bien ancrée dans la classe supérieure française - Les femmes doivent tout d'abord se présenter comme accessoires décoratifs de leur maris. Des habits 'soit-disant de rêve, donnent la ligne sociale, le château de Versailles constitue l'arrière-plan chargé d'emotions, quand il s'agit de représenter avec précision des moments de l'existence républicaine. Que se soit Yvonne de Gaulle , qui se laissait appeler familièrement "Tante Yvonne" ou bien la distante Aymone Giscard d'Estaing, avec leur féminité tournée vers l'harmonie et la famille, les grand hommes de la France ont su soigner leurs apparences. Que ce soit lors du thé ou dans des expo- sitions d'art - il y avait toutes les fois des nouvelles à se chuchoter.
CHANEL, DIOR, CARDIN
Les maisons de couture Chanel, Dior, Cardin ont axé leurs créations sur les décolletés des dernières décennies, à chaque fois on accordait une place de prestige aux dames de la Heute - plus précisément à leurs vêtements prestigieux issus de la "Haute Couture " dans le musée parisien de la mode. En outre, la nation française est fière d'avoir réalisé une révolution pour l'égalité de tous les citoyens -mais surtout pas pour les femmes en poli- tique. Cela reste une affaire d'hommes. Cette "mentalité de chefs" accorde aux femmes tous les privilèges imagi- nables ; mais celui d'avoir des Droits reconnus sur le plan légal ? Il n'y en avait pas avant et il n'y en aura pas au cours de ces années de renouveau.
L'INSOUMISE
Il va de soi qu'avec de tels clichés sur la femme, Danielle Mitterrand entrera dans les annales de la classe domi- nante française comme l'épouse déconcertante, querel- leuse d'un homme politique, celle qui ne voulait pas se soumettre à la cour cérémonieuse des hommes. Dans son bureau à "France Libertés ",il y a des photos, des masques ou des tableaux d'artistes naifs, ce que Danielle Mitterrand a rapporté de ses voyages dans le Tiers-Monde quand elle se rendait dans des centres de soins pour malades du SIDA en Afrique, auprès de sans-abris à Dacca ou des enfants des rues de Manille. Elle s'est particulièrement d´´evouée au peuple kurde. Elle a échappé en 1992 dans le territoire kurde en Irak de justesse à un attentat lorsqu'une bombe a explosé. Sept personnes ont trouvé la mort.
UNE DIPLOMATIE PARALLELE
"Est-ce que je suis française ou kurde ? je ne le sais plus", disait-elle à son retour à Paris. L'ont accompagnée dans son voyage des tonnes et des tonnes de nourriture et de médicaments : La femme du Président accom- pagnant des caisses de ravitaillement.Ce sont des scènes qui traduisaient la rude affirmation de soi dans ces années où il fallait consciemment transgresser les règles, affronter l'élite établie du pouvoir français qui avait l'habitude de s'en tenir à des ambitions de commerce extérieur et à une diplomatie policée en qui concerne la politique étrangère.Il y eut de heurts entre le quai d'OIrsay et Madame.Il s'agissait toujours des mêmes divergences. La France vendait des armes ou des cen- trales nucléaires -bien sûr déclarées comme aide au développement.
HILLARY CLINTON ./. OLGA HAVEL
Que ce soit en Chine, en Amérique Latine ou aussi au Maroc - Depuis longtemps la dérangeante Danielle Mitterrand y avait développé sa diplomatie parallèle en ce qui concerne les Droits de l'Homme. Le domaine qui lui était imparti : dans la fraîche ambiance des récep- tions officielles, il fallait motiver des épouses d'hommes politiques comme Hillary Clinton ou aussi Olga Havel pour créer un réseau en ce qui concerne la société civile ou des droits de l'Homme. Elle n'a cessé d'agacer, ce qui amena le député agullisate Eric Raoult à exiger de "mettre fin aux agissements de cette socialiste violente."
LA MARSEILLAISE
Mais elle n'a pas seulement passé les frontières sur le plan géographique. Danielle Mitterrand voulait aussi changer le texte de l'hymne national français. Le ton comme le contenu de "La Marseillaise " étaient pour elle trop "guerriers" , en particulier des paroles comme "ces soldats qui viennet égorger nos fils et nos compagnes " et "que leur sang impur abreuve on sillons". Tout ceci la dérangeait. Bien sûr,une tentative sans issue, mais cela corresppondait à son identité. " J'en ai assz d'être promenée comme bagage du Président, d'inaugurer gentiment les chrysanthèmes et d'être la représentante de la mode parisienne. Pendant toute ma vie j'ai eu une jupe plissée et un pullover pour l'hibvrer et une autre jupe plissée et un autre pullover pour l'été", c'est ce qu'elle assénait en public.
IMAGE PLEINE DE TRENDRESSE DE LA METROPOLE
C'est précisément au cours de cette anée du départ que Danielle Mitterrand s'est encore retrouvée dans une situation d'exception. Une opération du coeur l'a contrainte à prendre plus de repos ,de calme - à s'accorder des instants de retour sur soi ,d'évoquer des questions d'une ère qui se termine. Depuis son bureau, elle jette un regard tendre sur la métropole dans ce mois qui précède l'élection présidentielle de nombreuses affiches immenses représentant des hommes ; plus de quatre millions de mètres carrés de bureaux vides, mais qui ne tolère aucun gamin traînant dans les rues. Celui qui n'a pas d'argent, est chassé de ce Paris toiletté, hypermoderne des vieux et nouveaux riches, est chassé dans la banlieue que l'on ne montre pas, chassé vers la périphérie sociale, ce qui existe peu dans d'autres capitales occidenbtales. Là ,où selon le candidat à la Présidence-Jacques Chirac " les odeurs et le bruit font penser à des familles d'immigrés ".
PASSEPORT EUROPÉEN
Sur la table de Danielle Mitterrand, il y le document de base pour la diskussion lors de sa dernière réunion de la journée, il va être question dzu passeport européen contra le rasisme. Il y a seulement quelques semaines à Marseille, le Comorien Ibrahim Ali, 17 ans, a été victime d'un coup de feu tiré dans le dos par des militants du "Front National" de Jean-Marie Le Pen au cours de la campagne des présidentielles. Alors que j'avais déjà pris congé d'elle, elle me lance: " Qui n'agit pas, com- ment un crime. Avec France-Libertés je vais lutter jusqu'à en tomber".

Freitag, 24. März 1995

Première Dame, die riskierte, Grenzen zu überschreiten























Der fortwährend schrille Bruni-Sarkozy-Boulevard inFrankreich der Neuzeit lässt an den lautlosen Abgang der Danielle Mitterrand erinnern, die länger Première Dame de la France (1981-1995) war als jede ihrer Vorgängerinnen seit Napoleon III. Mit ihrer Menschenrechts-Organisation "France Libertés" half Danielle Mitterrand (*1924+2011) weltweit entrechteten, unterernährten, hungernden, von Kriegen oder vom tödlichen Aids-Virus bedrohten Menschen. Aus Sicht der französischen Oberschicht war sie ein ungeliebtes "Aschenputtel" der Nation. Dabei hatte die Ehefrau von François Mitterrand (*1916+1996) mehr bewegt als jede ihrer Vorgänger- und wohl auch Nachfolgerinnen bis zum heutigen Tag.

Wochenzeitung FREITAG, Berlin
vom 24. März 1995
von Reimar Oltmanns


Leise spricht Danielle Mitterrand, wenn es um die Bedeutung der "Grande Nation" - ihren Glanz, Grandeur und Glorie geht. Auffallend leise, fast gelangweilt. "In vielen eitlen Politik-Männern dieser Tage", befindet sie lakonisch, "da spuckt noch der Macht-Mythos ver- blichener Jahre, als lebten wir noch in einer Monarchie. Sie dulden nur schmückende Ehefrauen als Insignien gütiger Nächstenliebe, aber keine Frauen, die sich für einklagbare Menschen- und damit auch für Frauen- rechte einsetzen. Das schmerzt mich...".

Sie steht am Fenster im obersten Stockwerk des "Palais de Chaillot" am Pariser Trocadéro. Nicht etwa im Elysée-Palast, dem Amtssitz des Präsidenten mit seinen 395 Räumen und knapp tausend Komparsen, hat sie ihr Domizil, sondern in den Büroräumen der von ihr 1986 gegründeten Menschenrechtsorganisation "France Libertés" - Engagement gegen Terror, Gewalt, Rassis- mus und Elend in der Welt; Frankreich wie selbstver- ständlich inbegriffen. Was für Danielle Mitterrand soviel heißt wie "an einer Front der Frauen zu kämpfen, für die Ausgeschlossenen und Entrechteten einzutreten". In den Büros von "France Libertés" ereilen die über- wiegend jungen Mitarbeiterinnen Notrufe aus der Türkei, dem Irak, Algerien - aus Bosnien, Tschetsche- nien oder China. Immer wieder sind es die gleichen Alarmberichte: Folter, Mord, Vergewaltigungen oder Ausrottung dort, wo so etwas wie ein alltäglicher Ausnahmezustand herrscht.

IN ÜBER 60 LÄNDERN

Und mittendrin agiert eine kleine zierliche Frau mit fast mädchenhafter Stimme, die es ablehnt, eine Chefrolle wahrzunehmen, "weil wir eine Gruppe von Gleichbe- rechtigten und Gleichgesinnten sind, voilà." In über 60 Ländern ist "France Libertés" mittlerweile engagiert, der dafür erforderliche Haushalt wird aus dem Grund- kapital von 27 Millionen France (4,12 Millionen Euro) und Spenden abgedeckt.

KEINE LUST AUF ARTIGKEITEN

Es ist in Frankreich kein Geheimnis, dass Danielle Mitterrand nie Lust verspürte, sich protokollarischen Artigkeiten zu unterwerfen, wie sie für die Gattin des Präsidenten bis dahin üblich waren. - Sie lacht darüber und erklärt mir zu diesem Thema knapp: "Zeitver- schwendung, teilweise geschmacklos, auf jeden Fall überflüssig. Man lässt sich doch nicht selbstgefällig im Elysée nieder, dort kann man allenfalls ein Werkzeug sein."

Geheiratet hatte Danielle Gouze ihren François im Jahr 1944. Sie war die Tochter eines atheistischen Schul- direktors und Freimaurers. Sie einte die Résistance gegen die deutschen Besatzer, die gemeinsame Vision von einer gerechteren, einem sozialistischen Frankreich. Es scheint heute fast vergessen, aber im Jahre 1981 gewann François Mitterrand die Wahlen mit dem Versprechen, dieses neue Frankreich gestalten zu wollen. Schon 18 Monate später kam ihm dergleichen nicht mehr über die Lippen. Nunmehr gehörten Computer samt Hochtechnologie, Kernkraftwerke, TGV-Schnellzüge und das Bildschirmtextgerät "Minitel" zu seinem Lieblingsvokabular - die Terminologie eines fundamentalen Sinneswandels. Längst hatte der Präsident die "Union der Linken" verabschiedet - fortan suchte er die Symbolik eines Charles de Gaulles (*1890+1970), ganz besonders war er in monumentale Bauten verliebt, die das Unvergängliche seiner Amtszeit zu dokumentieren vermochten.

STAATSGEHEIMNIS: PARALLEL-HAUSHALT

Danielle gehörte in seiner engsten Umgebung zu den wenigen, die sich dieser bizarren Wendung des "Wahl- monarchen" entgegenstemmten, "Aber er ist Mitterrand, ich bin Sozialistin", sagte sie oft ein wenig verschämt und ungefragt. Die Ehe war längst auseinander. François lebte in einem präsidialen Parallelhaushalt mit der Kunsthistorikerin Anne Pingeot am Pariser "Quai Branly" zusammen. Mit ihr verbindet ihn auch die gemeinsame z1wanzigjährige Tochter Mazarine. Ein reines Staffagen-Dasein fristeten die Bewacher der "Garde Républicaine", die stets ungerührt und pflichtversessen seine eigentliche Wohnung in der "Rue de Bièvre" bewachten. - Staatsgeheimnis.

FRAUEN WIE BLUMEN LIEBEN

Im Gegensatz zu Deutschland und vor allem den angel- sächsischen Staaten sind im romanischen Frankreich in der Öffentlichkeit außerhäusige Bettgeschichten, längere Amouren, dauerhafte Zweisamkeiten und damit auch uneheliche Kinder geradezu tabu. Vornehmlich dann, wenn es den Namen eines hochgestellten Mannes aus Politik, Wirtschaft oder Verwaltung als Erzeuger auf dem Geburtsschein einzutragen gilt. Zu sehr ist die fami- liäre Daseinsfürsorge der Männer zu einem scheinbar unanfechtbaren Dogma geworden. Dabei weiß die Re- publik insgesamt etwa 1,2 Millionen uneheliche Kinder in ihren stolzen Reihen. Nur Heimlichtuereien pflastern den Karriere-Weg im Dunstkreis des gesell- schaftlichen Anstands. Dabei gelten doch auch unter den Männern des Pariser Etiketten-Milieus nur die "besten Jäger" als förderungswürdig für den erhofften Aufstieg, der sich im Kürzel "PDG"("Président Directeur Général") nennt. Und François Mitterrand gefiel sich schon immer in der Rolle des "homme à femme" - als diskreter Frauenheld der Republik. Einer Frauen-Zeitschrift bekundete er: "Frauen lieben, das ist wie Blumen lieben."

URKNALL - EIN TÖCHTERCHEN

Tatsächlich nimmt nun ein vom Krebs gezeichneter Mann Abschied - von seiner Macht, von der Politik, von seinem Leben. Und während des Schlusschorals für die "Ära Mitterrand" wagt er es wohlbedacht, sich mit seiner ihm verblüffend ähnlich sehenden illegitimen Tochter Marzarine im Pariser Restaurant "Le Divellec" in der "Rue de l'Université" zu zeigen. Schließlich galt es, mit Freunden ihre Aufnahme in die Elite Hoch- schule "Ecole normale supérieure zu feiern. Heimlich geschossene Fotos und Reportagen aus der Schlüssel-loch-Perspektive - ein Urknall im Frankreich der Männer. "Eine ganze Macho-Gesellschaft zitterte", schrieb die Satire-Zeitung "Charly Hebdo" mit hämischen Unterton.

MÄNNER-BÜNDE - MÄNNER-MORAL

Verständlich, dass derlei von Mitterrand offenkundig beabsichtigte Indiskretionen sein Vorgänger, der liberal- konservative Valéry Giscard d'Estaing, "bedauerlich" fand. Verständlich auch, dass sich der gaullistische Innenminister Charles Pasqua "tief schockiert" zeigte und Sozialistenchef Henri Emmanuelli gar von einem "absoluten Tiefschlag" wetterte. Frankreichs Männer-Phalanx in einer Großen Koalition vereint oder Geschlechterkampf auf französisch. Nur Danielle Mitterrand, die eigentlich betroffene Ehefrau, blieb ganz gelassen. Sie äußerte frohgemut: "Wären wir alle ehrlicher miteinander, es blieben uns diese lüsternen Schlüsselloch-Effekte einer gesellschaftlichen Doppel- moral erspart. François und ich, wir haben uns noch sehr viel zu sagen."

ADIEU DANIELLE

Von Danielle Mitterrands Abschied an der Seite ihres Mannes mag so eigentlich niemand in Frankreich Kenntnis nehmen. Er findet praktisch unter Ausschluss der Öffentlichkeit statt. Dabei ist die einstige Buch- binderin länger die "Première Dame de la France" gewesen als alle ihre Vorgängerinnen - Napoléon III. und die Ära Charles de Gaulle eingeschlossen.

Sie wird politisch in der Dritten Welt mehr bewegt, gezielter in die Innenpolitik eingegriffen haben als so manche dere berufenen Münder des "Corps diploma- tique" oder die politischen Klassen Frankreichs überhaupt.

"Leb wohl, Danielle, man mochte Dich nicht besonders, aber Respekt hatte man schon vor Dir", schrieb lediglich das Magazin "L'événement du jeudi". Merklich unter- kühlt war dieses "Adieu" - geradezu emphatisch er- schienen dagegen die Zeilen über den vermeintlichen Neubeginn mit Marie-Josèphe Balladur als der künftig "Ersten Dame" am Hofe der Republik. Zweifels- frei steht Madame Balladur in einer nahtlosen Konti- nuität großen Frauen des französischen Staates. Vergangene, verschollen geglaubte Standes-Regularien erleben eine ungeahnte Renaissance. "Wenn ich im Elysée bin", gesteht sie freimütig, "wird sich so manches gewaltig ändern. Anstand, Moral und Werte sind heute gefragter denn je." Wird das Terrain so vermessen, dann weiß sie im heimatlichen Chamonix in den Alpen als Fabrikerbin nicht nur das Großbürgertum an ihrer Seite. Im Alltag achtet Madame streng auf zwei arg vernachlässigte Vorgaben. Die Balladur-Kinder haben ihren Vater in der "Sie-Form" anzusprechen, und sie überwacht mit peinlicher Genauigkeit, dass ihr Ehe- mann, der "Doudou", nicht zuviel zunimmt, wenn er einmal Zeit für den häuslichen Kamin hat. Frankreich in Wendezeiten!

DAMEN AUS DER OBERSCHICHT

Das schließt die Kasten-Philosophie ein: Es ist einge- gerbte Tradition der französischen Oberschicht - Frauen haben sich zuvörderst als Schmuckstück ihres Mannes darzustellen. Sogenannte Traumkleider weisen die gesellschaftliche Richtung, das Schloß von Versailles bildet den emotionsgeladenen Hintergrund, wenn es sich um stilsichere Momentaufnahmen republikanischer Daseinsbewältigung handelt. Hießen sie nun Yvonne de Gaulle, die sich "Tante Yvonne" umschmeicheln ließ, oder war es die unnahbare Anne-Aymone Giscard d'Estaing - mit familien- und harmoniebetonter Weiblichkeit wußten Frankreichs Große Männer ihren Staat zu machen. Ob beim Teekränzchen oder auf Kunstausstellungen - geflüsterte Neuigkeiten gab es allemal.

CHANEL, DIOR, CHARDIN

Die Modehäuser Chanel, Dior, Chardin schufen ihren Blickwinkel auf feminine Wirklichkeitsaus-schnitte der letzten Jahrzehnte, wobei den Vorzeige-Damen stets ein gebührender Platz eingeräumt wurde - genauer gesagt ihren Prestige-Kleidern aus der "Haute Couture" im Pariser Mode-Museum. Dabei ist die französische Nation so unendlich stolz darauf, einen Umsturz im Sinne der Gleichheit aller Staatsbürger erlebt zu haben - nur nicht für die Frauen in der Politik. Das bleibt Männer-Sache. Diese "Herren-Mentalität" gesteht den Frauen alle nur erdenklichen Privilegien zu, aber ein- klagbare Rechte? Die gab es früher nicht und die soll es auch in den kommenden Jahren des konservativen Neubeginns nicht geben.

Es versteht sich, bei diesen Klischees dürfte Danielle Mitterrand als eine unberechenbare, zänkische Politiker-Gemahlin in die grob gefrästen Annalen der franzö- sischen Oberschicht eingehen, die sich so ganz und gar nicht dem höfischen Zeremoniell der Männer fügen wollte. In ihrem Büro bei "France Libertés" hängen Bilder, Fotos, Masken oder Gemälde von naiven Malern, die Danielle Mitterrand von ihren Reisen in Staaten der Dritten Welt mitgebracht hat, wenn sie zu Aids-Stationen in Afrika, den Obdachlosen von Dacca oder den Straßenkindern von Manila unterwegs war. Mit besondere Hingabe hat sie sich stets nach dem kur- dischen Volk gewidmet. Im irakischen Kurdengebiet entging sie 1992 nur knapp einem Attentat, als eine Autobombe explodierte. Sieben Menschen fanden den Tod.


FRANZÖSIN ODER KURDIN ?

"Bin ich Französin oder Kurdin? Ich weiß es nicht mehr", sagte sie bei ihrer Rückkehr nach Paris. Tonnen um Tonnen an Nahrung und Medikamenten schickte sie auf die Reise: Die Gattin des Präsidenten als Flugbe- gleiterin gleich neben den Kisten. Szenen kräfte- zehrende Selbstbehauptung in den Jahren der bewußt riskierten Regelverletzungen, des Affronts gegen Frankreichs etablierte Machteliten, die sich an Export-Ambitionen und eine flankiernde Außendiplomatie zu halten pflegen, wenn es um die Dritte Welt ging. Es krachte zusehends heftiger zwischen den Außen- politikern am Quai d'Orsay und Madame. Immer wieder waren es dieselben Interessenkonflikte. Frankreich verkaufte Waffen oder Atomkraftwerke - natürlich als Entwicklungshilfe deklariert.


HILLARY CLINTON MIT OLGA HAVEL

Ob in China, Südamerika oder auch in Marokko - die unliebsame Danielle Mitterrand hatte längst ihre Paralleldiplomatie in Sachen Menschenrechte aufge- baut. Ihr blieb es vorbehalten, auf höflich unterkühlten Staatsempfängen Politiker-Frauen wie Hillary Clinton oder auch Olga Havel zu einem Netz- werk in puncto Zivilgesellschaft und Bürgerrechte zu motivieren. Sie blieb das stete Ärgernis, woraus schon 1990 der gaullistische Abgeordnete Erich Raoult die rigide Forderung ableitete, dieser "Brachialsozialistin" müsse "das Handwerkzeug genommen weden".

LA MARSEILLAISE

Aber ihre Grenzüberschreitungen ließen sich nicht nur geografisch verfolgen, Danielle Mitterrand wollte auch den Text der französischen Nationalhymne erneuern. Diktion wie Inhalt der "Marseillaise" waren ihr zu "kriegerisch", besonders Formulierungen von den "brüllend wilden Soldaten, die unsere Söhne und Frauen erwürgen und "deren Blut unsere Ackerfurchen tränkt" störten ihr Empfinden. Natürlich ein aussichts- loser Vorstoß, aber es entsprach ihrem Selbstver- ständnis. "Ich habe es satt, wie ein Paket des Präsi- denten herumgeschoben zu werden, artig Chrysan- themen-Shows zu eröffnen und die Pariser Mode zu repräsentieren. Mein ganzes Leben hatte ich einen Faltenrock und einen Pullover für den Winter und einen anderen Faltenrock und ein T-Shirt für den Sommer", konnte sie in aller Öffentlichkeit poltern.

WEICHBILD DER METROPOLE

Ausgerechnet in diesem Jahr des Abschieds ist Danielle Mitterrand noch zusätzlich in eine unerwartete Aus- nahmesituation geraten. Eine Herzoperation zwang sie, sich mehr Ruhe und Muße zu verordnen - sich Momente der Besinnung zu gönnen, der Fragen an eine sich schon auflösende Ära.

Von ihrem Büro läßt sie den Blick herabgleiten auf das Weichbild der Metropole, die im letzten Monat vor der Präsidentenwahl viele bunte, überlebensgroße Männer-Plakate und über vier Millionen Quadratmeter leer- stehende Bürofläche kennt, aber keine Schmuddel- kinder mehr duldet. Wer kein Geld hat, der wird aus diesem hypermodern herausgeputzten Paris der Alt- und Neureichen in die kaum vorzeigbaren Vorstädte, an die soziale Peripherie vertrieben wie in kaum einer anderen westlichen Hauptstadt. Dort, wo nach den Wahr- nehmungen des Präsidentschaftskandidaten Jacques Chirac schon "die Gerüche und der Lärm" auf viele Einwandererfamilien schließen lassen.


EUROPÄISCHER PASS

Auf ihrem Schreibtisch liegt das Gesprächskonzept für ihren letzten Termin an diesem Tag, es wird um den "Europäischen Paß gegen Rassismus" gehen. Erst vor wenigen Wochen ist der siebzehnjährige Komorer Ibrabim Ali in Marseille von Wahlhelfern der rechts- radikalen "Front National" des Jean-Marie Le Pen während einer Kundgebung zur Präsidentschaftswahl von hinten erschossen worden.

Als ich mich schon verabschiedet habe, ruft sie mir noch hinterher: "Wer nicht handelt, begeht ein Verbrechen. Ich werde mit France Libertés kämpfen, bis ich umfalle..."